Oi! C'est encore François!
À notre arrivée à Rio, on était un peu crevés de notre mauvaise "nuit" de vol... En plus, une partie de nous n'avait pas envie de faire connaissance avec la criminalité qui hante toujours un peu Rio et la nécessité d'être très alerte que ça suppose. Ça aussi, c'est quelque chose qui tire beaucoup de jus en voyage, notamment quand on arrive dans une nouvelle ville qu'on sait plus ou moins sûre: toujours faire attention, surveiller son environnement immédiat, vérifier que les sacs et nos poches sont inaccessibles aux mains baladeuses, s'informer et se contre-informer quant à savoir si le trajet qu'on compte faire jusqu'à l'auberge de jeunesse avec nos gros backpacks + passeport + tout notre argent est sécuritaire, être sur le qui-vive et être prêts à réagir rapidement s'il se passe quelque chose qui pourrait affecter notre sécurité (genre changer de trottoir parce qu'on aperçoit des sans-abris s'engueuler un peu plus loin, ou changer de rue parce qu'on s'aperçoit soudainement que la faune qui fréquente l'endroit nous inspire nettement moins confiance, etc).... Dans les grandes villes d'un pays comme le Brésil, et en particulier dans des mégalopoles comme Rio, où la sécurité n'est jamais entièrement assurée, ça devient rapidement très fatigant... On est peut-être paranos, mais, jusqu'à date (et on touche du bois), on ne s'est rien fait voler (sauf un paquet de gomme à Potosi), alors que la plupart des voyageurs en Amérique latine ont au moins une histoire de vol "grave" à raconter (appareil-photo, cellulaire, sac à dos, argent, passeport...) Cela dit, on s'entend que nos précautions visent surtout le vol à l'arraché (i.e. le vol opportuniste d'objets laissés sans surveillance ou facilement accessibles) et qu'on ne peut pas vraiment prévenir ni réagir face à un vol à main armée, qui peut survenir n'importe où même si on ne fréquente que les bons quartiers ou qu'on limite nos déplacements nocturnes (ça fait baisser le risque, mais il existe néanmoins toujours). Tout ça pour dire que la criminalité, ça gosse! Ça nous fait aussi réaliser qu'on est bien chanceux de vivre dans un pays aussi sûr que le Canada, parce qu'il y a bien des endroits dans le monde où la sécurité est vraiment une préoccupation quotidienne pour les gens...
On s'est finalement décidés à plonger dans l'inconnu et, après avoir vérifié qu'on pouvait marcher de l'aéroport à la station de métro la plus proche sans problèmes, on est partis. Comme je vous disais dans l'entrée précédente, le vieil aéroport de Rio est situé tout près du centre-ville, qu'on devait traverser pour se rendre à la station. Il n'y avait pas grand'monde (i.e. pratiquement personne) parce que nous étions samedi et qu'en Amérique du Sud, les centre-villes sont déserts la fin de semaine... C'est quelque chose de dur à comprendre pour un Nord-Américain, tout de même: peut-on imaginer le centre-ville de Montréal désert un samedi? Ou se promener dans des rues vides sur l'île de Manhattan la fin de semaine? En tout cas... L'architecture du centre-ville de Rio était plutôt jolie, avec de vieux bâtiments, mais on s'en est plutôt tenus aux grands axes, là où il y avait du monde!
On a ensuite pris le métro (très efficace et moderne, le premier qu'on prenait depuis Medellin en Colombie) jusqu'au quartier Botafogo. Rio est très étendue: grosso modo, au sud du centre se concentrent la plupart des quartiers intéressants et des attractions (sauf le Christ rédempteur): plages, quartiers d'Ipanema et de Copacabana, pain de sucre, lagune, jardin botanique... Botafogo est un quartier de classe moyenne-haute entre le centre et les plages. On y allait parce qu'on avait lu que l'ambiance y était très bien et que beaucoup d'hostels y avaient pignon sur rue. C'est un quartier qu'on a d'emblée adoré, avec ses vieilles maisons colorées, ses petits cafés et restos, ses beaux arbres et son atmosphère relax. Et ici, au moins, il y avait plein de monde! Par contre, trouver une auberge ne fut pas facile. En arrivant à la première qu'on a essayée, située au bout d'une allée tranquille, on s'est fait dire que c'était plein et qu'on risquait d'avoir de la misère à trouver quelque chose dans le coin. Le responsable? L'ignoble congé férié de la veille qui transformait la fin de semaine en un long week-end de 3 jours! Et bien sûr, Rio est une destination de choix pour les Brésiliens des villes avoisinantes! Comme de fait, on a dû faire au moins 6 autres auberges avant d'en trouver une qui avait encore de la place en dortoir (et encore, il ne restait que quelques places...) N'oublions pas non plus que, dans une logique capitaliste, long congé = hausse des prix de l'hébergement! Cette nuit-là, on a payé 25$ par personne pour dormir dans un dortoir! Vous réalisez que ce sont les mêmes prix qu'on vous demanderait à Montréal ou à Québec en auberge de jeunesse? On vous a déjà dit que c'était cher, le Brésil? Au moins, on avait le déjeûner-buffet compris pour ce prix-là (c'est toujours compris dans les hostels du Brésil, ce qui est une excellente chose), et aussi un caipirinha gratuit (i.e. le cocktail brésilien typique, soit du rhum blanc, du jus de canne à sucre et de la lime avec des glaçcons). On s'est par contre empressés de réserver les 2 nuits suivantes à la première auberge de jeunesse qu'on avait visité, parce que c'était nettement moins cher là-bas pour tout aussi bien!
L'après-midi était déjà bien entamé (15h30) mais il faisait très beau: pourquoi ne pas aller visiter le Pain de sucre, question d'avoir de belles vues sur la ville? Comme ce n'était pas loin de l'hostel, on a donc marché 20 minutes avant de faire la file 40 minutes avec tous les touristes qui venaient aussi faire cette attraction principale de Rio. En effet, avec le Christ rédempteur que tout le monde connaît, l'autre grand attrait mondialement connu de la ville est la petite montagne rocheuse appelée Pain de sucre qui s'élève face à la mer et donne un point de vue magnifique sur tout Rio! On s'y rend en téléphérique, avec un premier arrêt à une colline avant d'arriver au Pain de sucre en tant que tel. Parce qu'il faisait chaud (35 degrés, sans ombre) et qu'on avait une petite fringale, j'ai été nous acheter des popsicles au dulce de leche (miam) à un vendeur ambulant pas loin, où je me suis fait aider avec mon portugais boboche (et vaguement cruiser aussi) par 3 filles qui étudiaient en médecine et qui pratiquaient leur anglais avec moi. Le vendeur ambulant a fait rire tout le monde en me disant que les filles étaient de bons partis pour moi parce qu'elles avaient un futur radieux en médecine, mais je n'ai pas eu le coeur de répondre que c'était aussi le cas avec la jolie brunette avec qui je voyage depuis 4 mois maintenant et qui m'attendait (moi mais surtout son popsicle) dans la file d'attente en me regardant avec des gros yeux et un air suspicieux! Haha!
Après avoir encore une fois réussi à payer le prix étudiant malgré le fait que nos cartes étudiantes de l'Université Laval sont expirées depuis mai dernier (on ne se sent quand même pas mal parce qu'on va redevenir officiellement étudiants dès janvier), on est grimpés avec plein de monde dans le téléphérique. Dès le premier arrêt, on avait déjà des vues époustouflantes sur la ville! Autant vous le dire tout de suite: Rio n'est pas surnommée "la Cidade Maravilohsa" ("la ville merveilleuse") pour rien! Comme tant d'autres avant nous, on a vite succombé aux charmes de ce qui est assurément l'une des plus belles grandes villes d'Amérique du Sud. Rio est en effet une ville de toute beauté, et du haut du Pain de sucre, on le voit peut-être encore mieux qu'ailleurs. Sise tout autour d'une large baie irrégulière parsemée d'anses, de pointes et d'îles, Rio s'est développée entre les petites montagnes abruptes couvertes de jungle qui dominent le paysage de la région. Comme si le spectacle montagnes verdoyantes-mer bleutée n'était pas suffisant, la nature a aussi cru bon de jeter partout dans les alentours de longues plages de sable blond séparées entre elles par des pointes rocheuses, de même qu'une grande lagune naturelle au centre de la ville. Ajoutez à ce qui précède un mélange harmonieux d'édifices anciens et modernes, de gratte-ciels et de vieilles demeures, le tout entrecoupées de rues remplies de grands arbres matures, et vous avez devant vous Rio. Même les favelas, ces quartiers pauvres construits n'importe comment sur les plus mauvais terrains (i.e. à flanc de montagne), ajoutent quelque chose au paysage: plusieurs possèdent des maisons bien colorées qui donnent de l'éclat à un panorama déjà bien joli. Du haut de sa montagne face au Pain de Sucre, le Christ rédempteur a de quoi être fier: il veille sur la mégalopole la plus désirable du Brésil! Sérieusement, en termes de beauté et pour un taille similaire, Rio de Janeiro n'a qu'une rivale parmi les grandes villes qu'on a déjà visité: Hong Kong, à laquelle elle ressemble d'ailleurs étrangement (il y a plus d'îles à Hong Kong et davantage de gratte-ciels, mais autrement les similarités sont grandes). Bref, tout ça pour vous dire qu'on a passé quelques heures à marcher et à s'émerveiller des points de vue en haut du Pain de sucre. Bon, beaucoup de temps là-dessus a aussi été passé à faire la file pour monter dans les téléphériques: il y avait pas mal de monde! En tout cas, quand on est revenus sur la rue, il faisait déjà nuit.
On avait marché les 20 minutes nécessaires à l'aller pour se rendre à la station d'embarquement du Pain de sucre, et on s'est d'abord dit qu'on reviendrait à pied aussi parce que ce n'était pas loin. Après 100 mètres, on a vu un arrêt d'autobus et Mémé a eu le bon sens de me convaincre de revenir en bus question de "ne pas faire exprès" côté crime, parce qu'il n'y avait pas tant de monde que ça dans la rue. On a bien fait, mettons. Quelques minutes après être partis, le bus s'est arrêté pour laisser monter en trombe un couple avec leur enfant dans une poussette, poursuivi par un groupe de jeunes (12-14 ans) des favelas (visiblement), qui prenait plaisir à harasser et à narguer les piétons sur le trottoir en buvant de la bière. Quelques-uns de ces délinquants-en-herbe sont aussi montés dans le bus en pourchassant le couple malchanceux, ils ont pris leurs aises à l'arrière du bus et l'un d'entre eux s'est rapidement mis à gosser Mémé pour qu'elle leur donne notre bouteille d'eau. Devant le refus poli mais très ferme de Mémé, il a insisté encore, tellement qu'on a finalement changé de siège pour qu'ils nous laissent tranquille. Ils sont finalement descendus quelques coins de rue plus loin (sans payer), tout en continuant de taper dans les vitres de l'autobus de l'extérieur pour gosser les passagers. Quoique stressante parce que le comportement de ces wannabe-voyous demeurait imprévisible, cette expérience plutôt désagréable ne nous a jamais vraiment mis en danger (enfin, c'est notre impression). Après tout, on n'avait affaire qu'à des pré-ados ou à de tout jeunes ados en mal d'attention et de confiance en eux. N'empêche, si c'est ça leur comportement à 13 ans, on se demande bien ce que ça va donner à 20 ans, dans l'environnement stérile d'une favela où le désoeuvrement et la pauvreté désigne la délinquance comme l'une des seules perspectives d'avenir, surtout dans une société aussi inégale que le Brésil... En tout cas, au moment de descendre de l'autobus, une Brésilienne a tenu à féliciter Mémé de son sang-froid face au ti-coune qui voulait lui prendre sa bouteille d'eau!
On vous a déjà dit (et redit) que le Brésil, c'est cher. À Rio, dans les petits restos, 5$ ne parvient qu'à te donner de la junk-food grasse et sans légumes (alors qu'en Colombie, pays modérément cher, ou même au Chili, tu as un excellent plat pour le même prix), et il faut allonger 7-8$, idéalement 10$, pour avoir quelque chose de pertinent. Manger 2 fois par jour pour 10$ grève donc rapidement un budget de backpacker! Aussi, on s'est donc dit qu'il fallait trouver des alternatives, et l'une d'entre elles s'est imposée comme une évidence au détour d'une publicité: le Subway et son spécial "bon marché du jour" à 3$! Vous nous direz (avec raison) que ce n'est pas de la grande gastronomie, mais entre un sandwich Subway rempli de légumes à 3$ et un hamburger gras à 5$ contenant une feuille de laitue pour unique verdure, le premier nous apparaissait gagnant à tous points de vue! Durant notre séjour à Rio (puis à Paraty et à Foz do Iguaçu ensuite), on s'est donc laissés aller dans le Subway au moins une fois par jour (ils pourraient commanditer notre voyage, tiens, ce serait une bonne idée ça!). Après le souper, on est revenus à l'hostel pour profiter de notre caipirinha gratuit et après un moment, on s'est couchés, épuisés par notre longue journée.
Notre premier geste le lendemain fut de se gaver dans le déjeûner-buffet! Fait intéressant: les Brésiliens mangent des cakes le matin, il y en a tout le temps à mon plus grand bonheur! On a jasé tout le long du déjeûner avec un gentil Chilien qui faisait du commerce à Rio. L'auberge était d'ailleurs pleine d'Argentins, en plus du Chilien: c'était un plaisir de parler et d'entendre de l'espagnol! À noter qu'on comprend nettement mieux le portugais du Sud du Brésil que du nord, et que les Brésiliens du Sud nous comprennent mieux quand on parle en portugnol (i.e l'espagnol mâtiné des quelques mots de portugais qu'on connait) que ceux du nord. On ne sait pas si c'est parce qu'on s'est fait l'oreille, ou si les Brésiliens parlent plus clairement ici, mais c'est de loin moins pire qu'à notre premier contact avec la langue à Tabatinga, en Amazonie! Par contre, même si c'était moins pire, reste que le portugais n'est définitivement pas une langue dont on est tombés amoureux...
Alors qu'il faisait beau et chaud la veille et qu'on avait cru bon poster sur Facebook la température actuelle à Rio pour railler gentiment nos amis aux prises avec la froideur de l'automne québécois, l'ironie du sort a voulu, comme pour nous punir de notre arrogance, que la journée qui s'annonçait soit grise, pluvieuse et fraîche (18 degrés, à Rio!)! C'est donc munis d'un parapluie (et d'une bonne dose d'humilité!) qu'on s'est lancés dans les rues de Rio! Auparavant, on a d'abord changé d'hostel en revenant au premier qu'on avait visité la veille. On a d'abord visité le quartier Botafogo le long des belles avenues pleines d'arbres, des cafés, des petits restos bobos, des épiceries fines, des immeubles modernes et des belles demeures. À un certain point, au coin d'une rue, une éclaircie entre les édifices nous a dévoilé une jolie favela aux maisons colorées perchée sur les hauteurs et accessible par un genre d'ascenseur externe (style Valparaiso). Une dame bien avenante s'est arrêtée en souriant en nous voyant pour nous dire qu'il fallait qu'on visite son quartier (la favela) pour voir un côté bien différent de Rio (et aussi la vue qu'on avait du haut de l'ascenseur!) C'était tentant, mais bon, c'est pas la chose la plus safe à faire pour des touristes, tsé... En tout cas pas sans guide! D'ailleurs, ça c'était quelque chose de bizarre: les auberges de jeunesse de Rio proposaient souvent des tours dans les favelas, en compagnie d'un guide pour la sécurité. Il parait que c'est l'occasion de rencontrer une communauté bien accueillante, loin des clichés qu'on connaît. Sauf que... Ça fait un peu zoo humain, non? Pourquoi visiter une favela, sinon pour être un observateur pervers de la pauvreté et de la précarité de la situation des gens qui y vivent? D'autant plus que bien souvent, l'argent versé au guide n'est pas vraiment reversé à la communauté visitée... Bref, on s'est dit qu'un tour nous rendrait mal à l'aise. En outre, la Bolivie, le Pérou ou encore l'Équateur (pour ne nommer qu'eux) fourmillent de quartiers et de villages désespérément pauvres qu'on avait bien vus... Sans parler de notre visite du quartier Santa Rita, à Cartagena en Colombie! Les favelas de Rio ne sont en fait que des poches de pauvreté plus connues parce Rio est elle-même une ville archi-connue: c'est d'ailleurs une bonne partie de la raison expliquant l'existence de tours touristiques dans ces endroits-là. En tout cas...
Après ça, on a mangé une petite pizza dans un supermarché-café du quartier. En repartant, on s'est fait surprendre par une averse apocalyptique qui a bien duré 40 minutes! De sous le porche où on s'était réfugié, on a vu les rues devenir rapidement inondées! On s'est ensuite remis en route en longeant le nord de la grande lagune centrale de Rio. À un certain moment, il s'est remis à pleuvoir alors on s'est à nouveau abrité, cette fois dans le portique d'un chic club privé en bord de lagune où de vieilles dames élégantes faisaient toute une histoire à cause de la pluie! Quand il a plu un peu moins (il a presque plus toute la journée), on s'est dirigés vers le jardin botanique de Rio, l'un des musts moins connus de la ville. Le grand avantage de la pluie fut qu'on a eu le parc pratiquement pour nous seuls! Malgré l'averse, on a bien profité de notre visite dans cet oasis de verdure en pleine ville: c'est probablement l'un des plus beaux jardins botaniques qu'on ait jamais fait, avec plein de sections différentes! Il a fini par cesser de pleuvoir mais malheureusement, Mémé a trouvé le moyen de mettre le pied dans un caniveau rempli d'eau, ce qui a instantanément transformé son soulier en milieu (très) humide, à son grand désespoir! Malgré tout, on s'est bien amusés dans la section "éveillez vos sens" du jardin, où on pouvait toucher et sentir différentes plantes odorantes!
Après, on est revenus en bus, on a pris un Subway pour souper et on est revenus à l'hostel. On l'a trouvé plein de gens qui dansaient et chantaient en écoutant 2 gars jouer de la guitare. À ce qu'on a compris, c'était un groupe brésilien quand même connu localement de passage à Rio pour la longue fin de semaine et qui logeait à l'auberge! Le reste de la soirée fut très relax: Mémé a fait un backup des photos sur les ordinateurs pendant que j'écrivais le blog et planifiais notre itinéraire en Argentine + Uruguay.
À notre réveil le lendemain, on a eu la surprise, après avoir déjeûné, de découvrir que l'arbre face à l'hostel hébergeait toute une colonie de petits singes! Ils devaient sérieusement être à peine plus gros que des écureuils et bondissaient partout en nous fixant à travers les branches avec des yeux curieux et craintifs! Des singes en pleine ville! Après avoir vedgé un temps à l'hostel, on a passé un bon moment à tenter de trouver un endroit où changer en reals les 200 euros qu'il nous restait depuis la Guyane française... Après plusieurs bureaux de change au taux pourri et des banques demandant des commissions faramineuses (on a d'ailleurs été servis en français au Banco do Brasil, on était bien impressionnés), on a fini par trouver un petit bureau de change où on ne perdait qu'un minimum d'argent face au taux réel. Ces "tramites" effectués, on a croisé des filles de l'auberge de jeunesse attablés à une terrasse du quartier, dont la réceptionniste super fine qui a tenu à nous dire qu'on était cute Mémé et moi! On a mangé au Subway avec eux (ils étaient du même avis pour le rapport qualité-prix) avant de les laisser pour visiter.
Au programme de la journée: visite des plages et quartiers de Copacabana, d'Ipanema et de Leblon, que vous connaissez sûrement de nom parce que ce sont probablement les plages urbaines les plus connues du monde! En métro, on s'est d'abord rendus au quartier Copacabana, où Mémé a entrepris d'achaler les policiers locaux pour leur demander si c'était safe de marcher sur la plage. "Absolument, il y a des policiers partout!" nous a répondu un grand gaillard en uniforme. Au final il n'y avait pas de stress mais ça nous a fait rire parce que "beaucoup de policiers" au Brésil ce n'est rien en comparaison de la Colombie! En arrivant sur l'immense plage de Copacabana, on s'est dirigés vers l'eau pour avoir toute une surprise: elle était froide! Enfin, on pouvait quand même s'y baigner mais c'était limite... et après les eaux très chaudes de l'Amazonie, c'était tout un contraste! C'est qu'ici on est vers la fin du printemps, et l'eau ne s'était pas encore totalement réchauffée...
On a ensuite marché tout le long de la plage avant de retourner dans la ville pour boire un jus d'açai. Enfin, boire: c'est plus une genre de slush! L'açai est un fruit hyper commun au Brésil qui goûte un peu le bleuet, sauf moins sucré et plus amer: c'est un goût acquis disons, mais ça s'apprécie petit à petit! Puis, on est passés à la plage d'Ipanema, tout aussi jolie avec la ville et les montagnes comme toile de fond. On a d'abord grimpé sur la pointe rocheuse à l'extrémité de la plage, puis on s'est promenés tout au long d'Ipanema. Sur les plages de Rio, on trouve de tout: jeunes, vieux, pauvres, riches... Tout le monde vient profiter du soleil! Par contre, les plages sont divisées en "postos", i.e. en des zones imaginaires occupées davantage par un certain type de personne (le coin des retraités, le coin des jeunes des favelas, le coin des beautés fatales, etc...) Le Lonely Planet nous disait qu'une partie de la plage est "réservée" aux "beautiful people"! On pensait y être arrivés quand, en marchant, on a vu qu'un coin entier d'Ipanema était occupé par de jeunes hommes minces et musclés! Il manquait un peu de femmes par contre et on a fini par comprendre pourquoi en voyant le grand drapeau arc-en-ciel qui voguait sur cette zone-là! Parlant de filles, il faut noter ici que les maillots de bain sont pas mal plus sexy que chez nous! C'est davantage du genre G-string que culotte disons! Et ça vaut pour toutes, que tu pèses 100 livres ou que tu en pèses 250, que tu aies 20 ans ou que tu en aies 40! Mais bon, c'est le pays du bikini ici (appelé localement "fio dental", fil dentaire), des filles sexy et des moeurs permissives, alors ça va! D'ailleurs, il parait que le gouvernement de la dictature militaire des années 1970 avait déjà tenté d'interdire les bikinis, mais que ça s'était heurté à un tel tollé populaire qu'ils avaient dû reculer, de peur de déclencher une "révolution du bikini"! (Mémé: il y avait un vendeur ambulant qui vendait des maillots, et comme le mien est complètement détruit depuis les bains d'eau minérale rouge en Équateur, j'ai fait du lèche-vitrine. Je trouvais par contre que le bas de maillot était un peu trop mince, alors j'ai demandé s'il en avait un plus large, et ce jusqu'à ce qu'il me sorte un modèle acceptable pour une Québécoise! Le vendeur et les autres filles qui essayaient des maillots me regardaient en riant comme si j'étais la plus prude du monde!)
Après avoir fait les longues plages d'Ipanema et Leblon, on est revenus par les chics quartiers du même nom en passant par le côté sud de la lagune, très agréable avec sa promenade pleine de joggueurs et de cyclistes. Quand on a été tannés de marcher, on est revenus en bus vers l'hostel. Ce soir-là, on s'est dit qu'on cuisinerait et on a donc acheté de quoi se faire un couscous aux légumes à l'épicerie. Sérieusement, c'est à peine croyable comme c'est moins cher de se faire à manger avec des légumes au Brésil que de manger même dans le plus cheap des restos! Coût total par personne: 0,75$!! L'épicerie nous a aussi permis de voir en action une pratique plutôt ingénieuse mais aussi assez lourde: des sans-abris entrent dans le supermarché, choisissent des produits puis se mettent à achaler les clients aux caisses en leur demandant d'ajouter leurs achats à leur propre épicerie.... Il y avait notamment un monsieur à la caisse d'à côté qui semblait se sentir apparemment mal de refuser de payer pour les produits du sans-abri qui le gossait... disons que c'est pas agréable!
En soupant à l'auberge, on a commencé à entendre en toile de fond un gars "chanter" (en fait, il émettait plutôt des borborygmes ineptes) en s'accompagnant à la guitare. La fille de l'auberge de jeunesse est arrivée et nous a dit de ne pas s'en faire, que c'était le touriste suédois un peu bizarre qu'on avait croisé dans l'hostel un peu plus tôt qui faisait ça tous les soirs!
Le lendemain, on devait se rendre à la gare pour se rendre à Paraty, une ville située à mi-chemin entre Rio et Sao Paulo. On a donc pris le bus public vers la gare routière, ce qui nous a pris près d'une heure, il y avait tellement de traffic! Si vous ne le saviez pas encore, Rio sera l'hôte dans quelques mois (avec quelques autres villes du Brésil) du Mondial de futball (soccer), et il y a donc beaucoup de construction en périphérie de la ville pour améliorer les infrastructures! D'autant plus que Rio va aussi recevoir les jeux olympiques d'été de 2016, donc ça bouge beaucoup! Notre trajet vers la gare nous a aussi permis d'admirer un peu plus le centre-ville, avec ses beaux immeubles (sauf pour la cathédrale moderne et moche!) On s'est fait aider par un Brésilien super sympa en descendant du bus, qui a tenu à bien s'assurer qu'on achète les billets au bon endroit! Une chance parce que le terminal routier de Rio est immense, il y a des agences sur 3 étages et trouver notre compagnie n'aurait pas été super facile! On est donc partis vers 11h dans un bus bien confortable, un peu tristes de quitter une ville aussi jolie!
On se revoit dans peu de temps pour la magnifique petite ville coloniale de Paraty et ses plages paradisiaques!
dimanche 1 décembre 2013
vendredi 29 novembre 2013
Belem
Salut! C'est François!
Belem, c'est l'autre grande ville à l'embouchure de l'Amazone (avec Macapa), une cité moderne hérissée de gratte-ciels. Belem, c'est à la fois le bout de la route et la porte d'entrée en Amazonie. En effet, d'ici on peut prendre la route le long de la côte et à travers les plaines du sud jusqu'à Rio et Sao Paulo, mais vers l'ouest on entre dans la forêt amazonienne et le principal moyen de transport devient le bateau. (Il y a bien la route transamazonienne, mais c'est une piste difficile à travers la jungle pour des centaines de kilomètres...). À Belem, c'est donc soit le dernier ou le premier grand bastion de civilisation, selon qu'on vienne ou qu'on entre dans la jungle!
En sortant du bateau, on a dit au revoir à notre ami Français, puis on s'est dirigés vers une institution bien brésilienne pour diner: les buffets au kilo. Difficile de comprendre pourquoi, mais au Brésil, beaucoup de restos prennent la forme d'un buffet au poids, i.e. tu remplis ton assiette et tu paies ensuite en fonction de ce que pèse ce que tu as dans ton plat. Ça ne revient pas si économique que ça mais c'est souvent notre seule alternative quand il n'y a rien autour... Après ce gros repas, on a continué de marcher le long d'une grosse avenue puis on est arrivés à l'hostel où on resterait pour les prochaines nuits. Comme il était déjà tard ce jour-là, on a pas fait grand'chose... à part planifier notre vol vers Rio de Janeiro! Vous vous souvenez quand je vous expliquais dans la deuxième entrée sur Parbo les difficultés auxquelles on faisait face pour planifier l'achat de nos billets d'avion Belem-Rio? Eh bien cette fois, nous étions à Belem, et les prix avaient beaucoup monté pour Rio! Après de nombreuses recherches, on a fini par trouver qu'il y avait un prix correct (mais plus cher que ce que ça aurait pu nous coûter) pour dans 3 jours... Comme on aime bien magasiner, on a avisé une agence dans le quartier qui finalement nous l'a fait pour le même prix et s'est chargée de tous les détails... Nos billets d'avion achetés, on avait maintenant tout le loisir du monde pour profiter du reste du voyage! En soirée, on a erré bien longtemps pour finalement trouver un petit resto de sandwiches avant de se coucher.
Le lendemain, Mémé ne filait pas vraiment... On sait pas trop ce qui a provoqué ça, mais son ventre + intestins lui ont vivement commandé de rester dans la chambre pour se reposer toute la journée... De mon côté, je suis allé explorer une partie de la ville. Après être passé à la gare fluviale pour m'informer sur l'horaire des bateaux (on pensait peut-être passer une journée sur une île en face de Belem), j'ai ensuite marché le long du "bord de fleuve" de Belem, en croisant de temps à autre quelques vieux bâtiments à l'architecture intéressante. Puis, mon premier arrêt fut le vieux-port, transformé en une agréable promenade et dont les hangars renferment désormais de bons restos. Les activités portuaires ont toujours été vitales pour Belem. Première colonie portugaise en Amazonie, placée stratégiquement à l'entrée du grand fleuve, Belem doit sa prospérité à son rôle de transit essentiel dans le cadre de l'exportation des richesses de l'Amazonie: épices, plantes, bois précieux et poisson d'abord, caoutchouc ensuite, puis aujourd'hui bois et minerai. Ce n'est donc pas une surprise que toute la vieille ville soit située en périphérie du port!
J'ai ensuite été mangé dans le marché en plein air de la ville, où on peut déguster le plat amazonien standard (poulet cuit-riz blanc-bines-spaghettis blancs-poudre de manioc-petite salade) pour 6 reals (3$), un excellent deal. Ah oui, on ne vous a pas parlé de la poudre de manioc! En Amazonie, il y a toujours sur la table une boite pleine de petits grains jaunes semi-croustillants: on met cette poudre de manioc partout sur le plat (et en grande quantité) et ça devient immédiatement plus pâteux et consistant. C'est surprenant au début mais on s'y habitue vite et on se surprend même à trouver ça bon! Après ce diner bien consistant, je suis tombé sur le vieux-centre de la ville, où sont aussi amarrés plusieurs bateaux de pêche. C'était la marée basse, alors tous les bateaux étaient échoués sur le fond pendant que les pêcheurs faisaient la sieste... Ce qui était plus impressionnant, c'était le nombre de vautours qui tentaient d'avoir un morceau des restants de poisson et autres détritus qui jonchaient la plage! Le long des quais, on marche en fait le long de ces oiseaux gros comme de petits aigles qui sont à peu près aussi habitués aux humains que le sont les pigeons... Le vieux-Belem est plutôt joli et l'architecture rappelle Manaus (normal, les beaux bâtiments tous été construits du temps du boom du caoutchouc, dont a aussi bénéficié Belem), peut-être même en plus joli. Une courte marche m'a ensuite mené face à la grande cathédrale de la ville. En y entrant, j'y ai recroisé le Français du bateau!
Après, j'ai été visité le petit fort que les Portugais ont laissé à la ville. L'endroit était intéressant, sans plus, mais les vues sur la ville valaient la peine. Par contre, le petit musée à l'intérieur avait réglé l'air climatisé sur "froid polaire", ce qui était particulièrement agréable étant donné la température chaude et humide, doublée d'un soleil tapant, qui régnait dehors! Puis, j'ai fait le tour de la petite promenade en bord de fleuve avant de revenir lentement vers l'hostel. J'y ai retrouvé une Mémé qui allait un peu mieux et qui a réclamé l'une de nos soupes en sachet comme souper. En mangeant, on a jasé à un Français qui nous a raconté ses voyages à travers l'Amérique du Sud... Il nous a conté une anecdote plutôt désagréable sur une fois où il avait été braqué, pistolet sur la tempe et machette sous la gorge (!!!), alors qu'il redescendait seul sur le sentier du Christ de Cochabamba, en Bolivie! Y étant nous-mêmes allés (relisez l'entrée sur Cochabamba dans le blog), on ne pouvait qu'imaginer très clairement l'endroit où ça avait pu se produire... et se dire qu'on était chanceux qu'il y ait eu du monde avec nous lors de la descente, limitant grandement les risques d'agression!
Ce qui précède nous amène à vous jaser de l'insécurité au Brésil. Vous savez tous que le Brésil n'est pas l'endroit le plus safe sur Terre et, contrairement à la Colombie, ce n'est pas juste une mauvaise réputation basée sur rien... Il ne faut pas capoter non plus, mais bon... disons qu'on faisait plus attention qu'à l'ordinaire dans les grandes villes, et qu'on évitait les longs déplacements le soir à pied! Comme pour peser sur le bobo, la une des journaux locaux l'une des journées où on était là était: "Un jeune homme abattu à Belem après avoir tenté de résister à un voyou qui lui volait son vélo"!
Le lendemain matin, Mémé allait beaucoup mieux, et on s'est dit qu'on sortirait ensemble visiter. On voulait aller à l'Île de Marajo, un île grande comme la Suisse (!) située à l'embouchure de l'Amazone, où on retrouve apparemment de très belles plages et où les buffles vagabondent en toute liberté comme en Asie (Mémé: les buffles étaient ma raison personnelle d'y aller, pour revoir mes amours du Vietnam! Il y a même une police montée... sur buffle!). Mais les horaires des bateaux étaient infernaux: ils partaient à 6h30 de Belem et de l'île au retour, garantissant un réveil à 4h30 au moins pour 2 jours de suite... On a fini par se dire que ça ne valait pas la peine. Ce qui est dur en voyage, c'est l'opposition constante entre 2 tendances tout autant légitimes l'une que l'autre. D'un côté, on se dit qu'on ne reviendra probablement jamais dans sa vie à l'endroit où on est et qu'il faut alors en profiter au maximum en visitant le plus possible. De l'autre, on se dit qu'un voyage doit aussi être plaisant et relaxant, qu'il faut aussi se reposer et que dormir peu et se lever constamment à des heures barbares ne fait pas en sorte qu'on profite du voyage pleinement. Il faut toujours jongler entre ces 2 types de voyage, et c'est parfois bien difficile. Dans ce cas-ci, c'est le repos qui a gagné et on s'est dit que plutôt que d'aller à Marajo on allait aller à une autre île plus facilement accessible, Mosqueiro.
On a marché vers la gare en visitant une église puis en s'arrêtant pour diner au Subway parce qu'on avait envie de quelque chose de différent! Une fois arrivés à la gare, on a pris le bus vers Mosqueiro le long d'un trajet qui a duré un peu plus d'une heure. Le temps était magnifique et en débarquant de l'autobus on a marché longuement sur la très jolie plage du village. Encore une fois, l'eau était brune (même si près de la mer, on est encore dans le delta de l'Amazone) mais délicieusement chaude! Bon, on se baignait avec suspicion à cause des raies potentiellement présentes, mais quand même! On a passé un très bel après-midi, Mémé s'est amusée à reproduire mon visage dans le sable mais la marée a fini par tout ensevelir malgré nos digues de sable... On a soupé dans un des petits restos surplombant la plage, après avoir été fouettés par les grains de sable soulevés par le vent dans notre figure! C'était super désagréable (le vent dans la face là, pas le resto!), et on voulait partir au plus vite de ce spot-là, mais ça n'avait vraiment pas l'air de déranger 2 chiens endormis précisément à l'endroit où le vent soufflait le plus fort!
Après le souper, on est revenus en bus public vers la ville, le chauffeur nous a débarqué bien trop loin de notre arrêt et on est revenus à l'hostel pour tomber de sommeil! (Mémé: Comme notre chambre était déjà réservée pour ce soir-là, on a dormi dans deux dortoirs séparés pour hommes et pour femmes. Il y avait dans le mien une madame dans la cinquantaine qui avait trop besoin de parler à des gens... Elle n'arrêtait plus de me jaser en portugais sans que je ne comprenne rien, puis parce qu'elle était "allergique au froid" elle est venue nous dire qu'elle allait demander au réceptionniste de fermer l'air climatisé du dortoir. Elle a dû rester avec nous un bon 20 minutes à jaser de choses dont on se contre-foutait (et qu'on ne comprenait pas de toute façon). Finalement le réceptionniste est monté et je suis allée m'assurer qu'il ne faisait que baisser l'intensité de l'air climatisé, pas l'éteindre complètement. 5 minutes après que je me sois couchée, elle m'a réveillée à grand coup de "Marie! Marie? Marie!!!" pour me dire qu'elle avait oublié de prendre ses pilules pour la pression et pour que je lui donne sa bouteille d'eau... Elle n'était pas méchante, mais j'ai fini par comprendre pourquoi elle m'énervait autant: je n'aime pas les sangsues. J'adore parler aux gens en voyage, mais je n'aime pas quand les gens m'obligent à leur parler!! Exemple, les Anglais sur le bateau étaient juste parfaits, on se parlait de temps en temps, on mangeait ensemble ou non... Alors que le Français du bateau vers Bélem, lui, se fiait sur nous pour être entertainé on dirait... Il était toujours avec nous, semblait s'ennuyer, nous attendait pour manger... On dirait que dès que je sens cette obligation de leur parler, je perds toute envie. Et Dieu sait que ma madame de dortoir était collante! Mais elle m'a donnée une mangue le lendemain alors je l'ai plus aimée à partir de là haha!)
Pour notre dernière journée à Belem (enfin! on avait passé plus de temps que nécessaire dans le coin disons, ce n'est pas une ville SI intéressante qui mérite autant de temps, bien qu'on s'y sente bien), Mémé voulait aller voir le vieux centre qu'elle n'avait pas encore vu. Avant de partir et de "checker-out" de la chambre, on a voulu déposer nos sacs à la réception. C'est une pratique vraiment courante et garder les sacs à dos pour une journée, même après le check-out, est vraiment un service basique que la plupart des hostels offrent gratuitement ou, dans le pire des cas, pour un coût dérisoire (genre moins d'un dollar au total). À Belem par contre, la fille de la réception nous a dit qu'il nous en coûterait 20 reals (10$) par personne pour garder les sacs!!! Vous vous rendez compte, 10$ par personne pour mettre un sac dans un compartiment cadenassé, alors qu'on a déjà payé l'équivalent de 3 nuits dans cet hostel-là! De tous nos voyages, on n'avait jamais vu une telle pingrerie! Et on s'entend que ça ne demande pas un effort particulier de la part de la réceptionniste, elle est de toute manière assise à l'ordi à côté des sacs, elle ne les surveille pas constamment, ils sont juste dans une pièce fermée à clé... On vous le souligne ici pour vous dire à quel point on trouvait ça inadmissible comme pratique! "Oui, mais ce prix-là inclut l'usage de tous les services de l'hostel pour la journée!" de nous répondre la réceptionniste face à notre réaction outrée... On veut bien, mais, d'une part, ça aussi c'est habituellement gratuit (ou alors c'est très spécifiquement spécifié que ce ne l'est pas), et d'autre part, on s'en fout, on ne veut pas utiliser tous les services, on veut juste éviter de trimbaler notre sac partout avec nous pendant 12h! Bref, puisqu'on n'avait pas d'autres choix, on a fini par négocier un meilleur taux (20 reals en tout pour les 2), mais je ne me suis pas gêné pour coucher ma frustration sur papier dans le livre des commentaires! Et on peut-tu vous dire qu'on a profité des services? On a fait du lavage, on a cuisiné, on a utilisé le wi-fi... c'est à peine si on n'est pas partis avec une partie du mobilier pour couvrir nos frais! Non mais franchement... en tout cas!
En sortant dans la ville, on a rapidement réalisé qu'il y avait quelque chose d'étrange. Beaucoup de commerces étaient fermés (enfin une bonne majorité d'entre eux) et il y avait peu de gens dans les rues. Pourtant, nous n'étions pas dimanche, ni même samedi! Que se passait-il donc? On a fini par allumer: jour férié (confirmé par le Lonely Planet)! Encore! Une autre journée où tout allait être compliqué parce que tout est fermé! On a marché vers le parc du centre de la ville, au milieu duquel trône le magnifique théâtre de la ville, qui n'a rien à envier à celui de Manaus. Ensuite, on a fait des courses à l'épicerie en prévision du souper (qui fermaità 14h, alors on avait intérêt à se dépêcher) avant de retourner visiter le vieux-port transformé en zone tendance avec de bons restos. On a dîné au marché, peut-être l'unique endroit animé de la journée, avant de faire un tour de la vieille-ville. Après un petit recorido (i.e. un parcours) où on a fait bien le tour de Belem, on est revenus à l'hostel où on s'est fait à manger et où on a attendu... Parce qu'en fait, on partait le soir même en avion vers Rio. Notre vol était moins cher mais il décollait à 1h40 du matin... Et ça nous sauvait une nuit d'hôtel!
Après un moment, on est partis prendre le bus vers l'aéroport. Heureusement, l'arrêt était devant un édifice militaire, et les policiers militaires se sont fait un devoir de nous aider à prendre le bon bus public! Après un parcours sans histoire où tout le monde nous a aidé à descendre au bon endroit, on est arrivés à l'aéroport. On s'attendait à une place boboche (on est quand même dans un État éloigné du Brésil) mais on a plutôt trouvé un aéroport étincelant de modernité! Après avoir enregistré nos bagages 4h avant le départ du vol, on a entrepris de visiter l'endroit (ce qui nous a pris 10 minutes, c'était plutôt petit) et on a tué l'ennui en faisant le blog et en mangeant un cornet chez Bob's Shakes, la chaîne la moins chère de cornets de crème glacée au Brésil. Après une longue attente, on est finalement embarqués avec Azul, la compagnie qui nous amenait à Belo Horizonte (la capitale d'un État du Sud du Brésil), d'où on attendrait un bon moment avant de prendre un autre avion pour Rio. Le vol s'est bien passé, et on a vraiment trippé sur le panier de noix, craquelins, chips et biscuits "à volonté" qu'on nous servait!
À Belo Horizonte, on s'est traînés misérablement vers le terminal après une mauvaise nuit en attendant notre prochain avion... 5h plus tard. Et nous n'étions qu'à 40 minutes de vol de Rio! J'ai dormi un bon moment puis on s'est ensuite réveillés lentement. On a constaté qu'un nombre ahurissant de personnes utilisaient les fauteuils à massage même si c'était super cher (1$ pour 2 minutes de massage??) et on s'est ensuite mis à la recherche d'un diner pas trop cher à manger. Tout est cher au Brésil, et un aéroport est naturellement encore plus cher. Nos options étant en plus limitées à 3 restos, on s'est finalement rabattus sur une pizza correcte au mieux. Semi-rassasiés, on est montés dans notre dernier avion, où on a encore dévalisé le panier de cochonneries ! On a ensuite survolé les montagnes de Rio, on a salué le Christ rédempteur iconique de la ville et on a finalement pratiquement atterri dans la mer! En fait, on atterrissait dans le vieil aéroport de la ville, situé en plein centre-ville sur un terrain pris à la mer. Ça avait eu du bon: on n'aurait pas aussi pu bien voir la ville, les montagnes et le Christ en atterrissant à l'autre aéroport!
La mythique Rio de Janeiro pour tout bientôt! Salut à tous!
Belem, c'est l'autre grande ville à l'embouchure de l'Amazone (avec Macapa), une cité moderne hérissée de gratte-ciels. Belem, c'est à la fois le bout de la route et la porte d'entrée en Amazonie. En effet, d'ici on peut prendre la route le long de la côte et à travers les plaines du sud jusqu'à Rio et Sao Paulo, mais vers l'ouest on entre dans la forêt amazonienne et le principal moyen de transport devient le bateau. (Il y a bien la route transamazonienne, mais c'est une piste difficile à travers la jungle pour des centaines de kilomètres...). À Belem, c'est donc soit le dernier ou le premier grand bastion de civilisation, selon qu'on vienne ou qu'on entre dans la jungle!
En sortant du bateau, on a dit au revoir à notre ami Français, puis on s'est dirigés vers une institution bien brésilienne pour diner: les buffets au kilo. Difficile de comprendre pourquoi, mais au Brésil, beaucoup de restos prennent la forme d'un buffet au poids, i.e. tu remplis ton assiette et tu paies ensuite en fonction de ce que pèse ce que tu as dans ton plat. Ça ne revient pas si économique que ça mais c'est souvent notre seule alternative quand il n'y a rien autour... Après ce gros repas, on a continué de marcher le long d'une grosse avenue puis on est arrivés à l'hostel où on resterait pour les prochaines nuits. Comme il était déjà tard ce jour-là, on a pas fait grand'chose... à part planifier notre vol vers Rio de Janeiro! Vous vous souvenez quand je vous expliquais dans la deuxième entrée sur Parbo les difficultés auxquelles on faisait face pour planifier l'achat de nos billets d'avion Belem-Rio? Eh bien cette fois, nous étions à Belem, et les prix avaient beaucoup monté pour Rio! Après de nombreuses recherches, on a fini par trouver qu'il y avait un prix correct (mais plus cher que ce que ça aurait pu nous coûter) pour dans 3 jours... Comme on aime bien magasiner, on a avisé une agence dans le quartier qui finalement nous l'a fait pour le même prix et s'est chargée de tous les détails... Nos billets d'avion achetés, on avait maintenant tout le loisir du monde pour profiter du reste du voyage! En soirée, on a erré bien longtemps pour finalement trouver un petit resto de sandwiches avant de se coucher.
Le lendemain, Mémé ne filait pas vraiment... On sait pas trop ce qui a provoqué ça, mais son ventre + intestins lui ont vivement commandé de rester dans la chambre pour se reposer toute la journée... De mon côté, je suis allé explorer une partie de la ville. Après être passé à la gare fluviale pour m'informer sur l'horaire des bateaux (on pensait peut-être passer une journée sur une île en face de Belem), j'ai ensuite marché le long du "bord de fleuve" de Belem, en croisant de temps à autre quelques vieux bâtiments à l'architecture intéressante. Puis, mon premier arrêt fut le vieux-port, transformé en une agréable promenade et dont les hangars renferment désormais de bons restos. Les activités portuaires ont toujours été vitales pour Belem. Première colonie portugaise en Amazonie, placée stratégiquement à l'entrée du grand fleuve, Belem doit sa prospérité à son rôle de transit essentiel dans le cadre de l'exportation des richesses de l'Amazonie: épices, plantes, bois précieux et poisson d'abord, caoutchouc ensuite, puis aujourd'hui bois et minerai. Ce n'est donc pas une surprise que toute la vieille ville soit située en périphérie du port!
J'ai ensuite été mangé dans le marché en plein air de la ville, où on peut déguster le plat amazonien standard (poulet cuit-riz blanc-bines-spaghettis blancs-poudre de manioc-petite salade) pour 6 reals (3$), un excellent deal. Ah oui, on ne vous a pas parlé de la poudre de manioc! En Amazonie, il y a toujours sur la table une boite pleine de petits grains jaunes semi-croustillants: on met cette poudre de manioc partout sur le plat (et en grande quantité) et ça devient immédiatement plus pâteux et consistant. C'est surprenant au début mais on s'y habitue vite et on se surprend même à trouver ça bon! Après ce diner bien consistant, je suis tombé sur le vieux-centre de la ville, où sont aussi amarrés plusieurs bateaux de pêche. C'était la marée basse, alors tous les bateaux étaient échoués sur le fond pendant que les pêcheurs faisaient la sieste... Ce qui était plus impressionnant, c'était le nombre de vautours qui tentaient d'avoir un morceau des restants de poisson et autres détritus qui jonchaient la plage! Le long des quais, on marche en fait le long de ces oiseaux gros comme de petits aigles qui sont à peu près aussi habitués aux humains que le sont les pigeons... Le vieux-Belem est plutôt joli et l'architecture rappelle Manaus (normal, les beaux bâtiments tous été construits du temps du boom du caoutchouc, dont a aussi bénéficié Belem), peut-être même en plus joli. Une courte marche m'a ensuite mené face à la grande cathédrale de la ville. En y entrant, j'y ai recroisé le Français du bateau!
Après, j'ai été visité le petit fort que les Portugais ont laissé à la ville. L'endroit était intéressant, sans plus, mais les vues sur la ville valaient la peine. Par contre, le petit musée à l'intérieur avait réglé l'air climatisé sur "froid polaire", ce qui était particulièrement agréable étant donné la température chaude et humide, doublée d'un soleil tapant, qui régnait dehors! Puis, j'ai fait le tour de la petite promenade en bord de fleuve avant de revenir lentement vers l'hostel. J'y ai retrouvé une Mémé qui allait un peu mieux et qui a réclamé l'une de nos soupes en sachet comme souper. En mangeant, on a jasé à un Français qui nous a raconté ses voyages à travers l'Amérique du Sud... Il nous a conté une anecdote plutôt désagréable sur une fois où il avait été braqué, pistolet sur la tempe et machette sous la gorge (!!!), alors qu'il redescendait seul sur le sentier du Christ de Cochabamba, en Bolivie! Y étant nous-mêmes allés (relisez l'entrée sur Cochabamba dans le blog), on ne pouvait qu'imaginer très clairement l'endroit où ça avait pu se produire... et se dire qu'on était chanceux qu'il y ait eu du monde avec nous lors de la descente, limitant grandement les risques d'agression!
Ce qui précède nous amène à vous jaser de l'insécurité au Brésil. Vous savez tous que le Brésil n'est pas l'endroit le plus safe sur Terre et, contrairement à la Colombie, ce n'est pas juste une mauvaise réputation basée sur rien... Il ne faut pas capoter non plus, mais bon... disons qu'on faisait plus attention qu'à l'ordinaire dans les grandes villes, et qu'on évitait les longs déplacements le soir à pied! Comme pour peser sur le bobo, la une des journaux locaux l'une des journées où on était là était: "Un jeune homme abattu à Belem après avoir tenté de résister à un voyou qui lui volait son vélo"!
Le lendemain matin, Mémé allait beaucoup mieux, et on s'est dit qu'on sortirait ensemble visiter. On voulait aller à l'Île de Marajo, un île grande comme la Suisse (!) située à l'embouchure de l'Amazone, où on retrouve apparemment de très belles plages et où les buffles vagabondent en toute liberté comme en Asie (Mémé: les buffles étaient ma raison personnelle d'y aller, pour revoir mes amours du Vietnam! Il y a même une police montée... sur buffle!). Mais les horaires des bateaux étaient infernaux: ils partaient à 6h30 de Belem et de l'île au retour, garantissant un réveil à 4h30 au moins pour 2 jours de suite... On a fini par se dire que ça ne valait pas la peine. Ce qui est dur en voyage, c'est l'opposition constante entre 2 tendances tout autant légitimes l'une que l'autre. D'un côté, on se dit qu'on ne reviendra probablement jamais dans sa vie à l'endroit où on est et qu'il faut alors en profiter au maximum en visitant le plus possible. De l'autre, on se dit qu'un voyage doit aussi être plaisant et relaxant, qu'il faut aussi se reposer et que dormir peu et se lever constamment à des heures barbares ne fait pas en sorte qu'on profite du voyage pleinement. Il faut toujours jongler entre ces 2 types de voyage, et c'est parfois bien difficile. Dans ce cas-ci, c'est le repos qui a gagné et on s'est dit que plutôt que d'aller à Marajo on allait aller à une autre île plus facilement accessible, Mosqueiro.
On a marché vers la gare en visitant une église puis en s'arrêtant pour diner au Subway parce qu'on avait envie de quelque chose de différent! Une fois arrivés à la gare, on a pris le bus vers Mosqueiro le long d'un trajet qui a duré un peu plus d'une heure. Le temps était magnifique et en débarquant de l'autobus on a marché longuement sur la très jolie plage du village. Encore une fois, l'eau était brune (même si près de la mer, on est encore dans le delta de l'Amazone) mais délicieusement chaude! Bon, on se baignait avec suspicion à cause des raies potentiellement présentes, mais quand même! On a passé un très bel après-midi, Mémé s'est amusée à reproduire mon visage dans le sable mais la marée a fini par tout ensevelir malgré nos digues de sable... On a soupé dans un des petits restos surplombant la plage, après avoir été fouettés par les grains de sable soulevés par le vent dans notre figure! C'était super désagréable (le vent dans la face là, pas le resto!), et on voulait partir au plus vite de ce spot-là, mais ça n'avait vraiment pas l'air de déranger 2 chiens endormis précisément à l'endroit où le vent soufflait le plus fort!
Après le souper, on est revenus en bus public vers la ville, le chauffeur nous a débarqué bien trop loin de notre arrêt et on est revenus à l'hostel pour tomber de sommeil! (Mémé: Comme notre chambre était déjà réservée pour ce soir-là, on a dormi dans deux dortoirs séparés pour hommes et pour femmes. Il y avait dans le mien une madame dans la cinquantaine qui avait trop besoin de parler à des gens... Elle n'arrêtait plus de me jaser en portugais sans que je ne comprenne rien, puis parce qu'elle était "allergique au froid" elle est venue nous dire qu'elle allait demander au réceptionniste de fermer l'air climatisé du dortoir. Elle a dû rester avec nous un bon 20 minutes à jaser de choses dont on se contre-foutait (et qu'on ne comprenait pas de toute façon). Finalement le réceptionniste est monté et je suis allée m'assurer qu'il ne faisait que baisser l'intensité de l'air climatisé, pas l'éteindre complètement. 5 minutes après que je me sois couchée, elle m'a réveillée à grand coup de "Marie! Marie? Marie!!!" pour me dire qu'elle avait oublié de prendre ses pilules pour la pression et pour que je lui donne sa bouteille d'eau... Elle n'était pas méchante, mais j'ai fini par comprendre pourquoi elle m'énervait autant: je n'aime pas les sangsues. J'adore parler aux gens en voyage, mais je n'aime pas quand les gens m'obligent à leur parler!! Exemple, les Anglais sur le bateau étaient juste parfaits, on se parlait de temps en temps, on mangeait ensemble ou non... Alors que le Français du bateau vers Bélem, lui, se fiait sur nous pour être entertainé on dirait... Il était toujours avec nous, semblait s'ennuyer, nous attendait pour manger... On dirait que dès que je sens cette obligation de leur parler, je perds toute envie. Et Dieu sait que ma madame de dortoir était collante! Mais elle m'a donnée une mangue le lendemain alors je l'ai plus aimée à partir de là haha!)
Pour notre dernière journée à Belem (enfin! on avait passé plus de temps que nécessaire dans le coin disons, ce n'est pas une ville SI intéressante qui mérite autant de temps, bien qu'on s'y sente bien), Mémé voulait aller voir le vieux centre qu'elle n'avait pas encore vu. Avant de partir et de "checker-out" de la chambre, on a voulu déposer nos sacs à la réception. C'est une pratique vraiment courante et garder les sacs à dos pour une journée, même après le check-out, est vraiment un service basique que la plupart des hostels offrent gratuitement ou, dans le pire des cas, pour un coût dérisoire (genre moins d'un dollar au total). À Belem par contre, la fille de la réception nous a dit qu'il nous en coûterait 20 reals (10$) par personne pour garder les sacs!!! Vous vous rendez compte, 10$ par personne pour mettre un sac dans un compartiment cadenassé, alors qu'on a déjà payé l'équivalent de 3 nuits dans cet hostel-là! De tous nos voyages, on n'avait jamais vu une telle pingrerie! Et on s'entend que ça ne demande pas un effort particulier de la part de la réceptionniste, elle est de toute manière assise à l'ordi à côté des sacs, elle ne les surveille pas constamment, ils sont juste dans une pièce fermée à clé... On vous le souligne ici pour vous dire à quel point on trouvait ça inadmissible comme pratique! "Oui, mais ce prix-là inclut l'usage de tous les services de l'hostel pour la journée!" de nous répondre la réceptionniste face à notre réaction outrée... On veut bien, mais, d'une part, ça aussi c'est habituellement gratuit (ou alors c'est très spécifiquement spécifié que ce ne l'est pas), et d'autre part, on s'en fout, on ne veut pas utiliser tous les services, on veut juste éviter de trimbaler notre sac partout avec nous pendant 12h! Bref, puisqu'on n'avait pas d'autres choix, on a fini par négocier un meilleur taux (20 reals en tout pour les 2), mais je ne me suis pas gêné pour coucher ma frustration sur papier dans le livre des commentaires! Et on peut-tu vous dire qu'on a profité des services? On a fait du lavage, on a cuisiné, on a utilisé le wi-fi... c'est à peine si on n'est pas partis avec une partie du mobilier pour couvrir nos frais! Non mais franchement... en tout cas!
En sortant dans la ville, on a rapidement réalisé qu'il y avait quelque chose d'étrange. Beaucoup de commerces étaient fermés (enfin une bonne majorité d'entre eux) et il y avait peu de gens dans les rues. Pourtant, nous n'étions pas dimanche, ni même samedi! Que se passait-il donc? On a fini par allumer: jour férié (confirmé par le Lonely Planet)! Encore! Une autre journée où tout allait être compliqué parce que tout est fermé! On a marché vers le parc du centre de la ville, au milieu duquel trône le magnifique théâtre de la ville, qui n'a rien à envier à celui de Manaus. Ensuite, on a fait des courses à l'épicerie en prévision du souper (qui fermaità 14h, alors on avait intérêt à se dépêcher) avant de retourner visiter le vieux-port transformé en zone tendance avec de bons restos. On a dîné au marché, peut-être l'unique endroit animé de la journée, avant de faire un tour de la vieille-ville. Après un petit recorido (i.e. un parcours) où on a fait bien le tour de Belem, on est revenus à l'hostel où on s'est fait à manger et où on a attendu... Parce qu'en fait, on partait le soir même en avion vers Rio. Notre vol était moins cher mais il décollait à 1h40 du matin... Et ça nous sauvait une nuit d'hôtel!
Après un moment, on est partis prendre le bus vers l'aéroport. Heureusement, l'arrêt était devant un édifice militaire, et les policiers militaires se sont fait un devoir de nous aider à prendre le bon bus public! Après un parcours sans histoire où tout le monde nous a aidé à descendre au bon endroit, on est arrivés à l'aéroport. On s'attendait à une place boboche (on est quand même dans un État éloigné du Brésil) mais on a plutôt trouvé un aéroport étincelant de modernité! Après avoir enregistré nos bagages 4h avant le départ du vol, on a entrepris de visiter l'endroit (ce qui nous a pris 10 minutes, c'était plutôt petit) et on a tué l'ennui en faisant le blog et en mangeant un cornet chez Bob's Shakes, la chaîne la moins chère de cornets de crème glacée au Brésil. Après une longue attente, on est finalement embarqués avec Azul, la compagnie qui nous amenait à Belo Horizonte (la capitale d'un État du Sud du Brésil), d'où on attendrait un bon moment avant de prendre un autre avion pour Rio. Le vol s'est bien passé, et on a vraiment trippé sur le panier de noix, craquelins, chips et biscuits "à volonté" qu'on nous servait!
À Belo Horizonte, on s'est traînés misérablement vers le terminal après une mauvaise nuit en attendant notre prochain avion... 5h plus tard. Et nous n'étions qu'à 40 minutes de vol de Rio! J'ai dormi un bon moment puis on s'est ensuite réveillés lentement. On a constaté qu'un nombre ahurissant de personnes utilisaient les fauteuils à massage même si c'était super cher (1$ pour 2 minutes de massage??) et on s'est ensuite mis à la recherche d'un diner pas trop cher à manger. Tout est cher au Brésil, et un aéroport est naturellement encore plus cher. Nos options étant en plus limitées à 3 restos, on s'est finalement rabattus sur une pizza correcte au mieux. Semi-rassasiés, on est montés dans notre dernier avion, où on a encore dévalisé le panier de cochonneries ! On a ensuite survolé les montagnes de Rio, on a salué le Christ rédempteur iconique de la ville et on a finalement pratiquement atterri dans la mer! En fait, on atterrissait dans le vieil aéroport de la ville, situé en plein centre-ville sur un terrain pris à la mer. Ça avait eu du bon: on n'aurait pas aussi pu bien voir la ville, les montagnes et le Christ en atterrissant à l'autre aéroport!
La mythique Rio de Janeiro pour tout bientôt! Salut à tous!
mercredi 27 novembre 2013
De Saint-Georges à Bélem
Salut, c'est Mémé qui vous mènera jusqu'au Brésil!
Notre
traversée de la Guyane française jusqu'au Brésil s'anonçait plutôt imprévisible
à cause des nombreux transferts: il faut d'abord se rendre à Saint-Georges-de-l'Oyapock,
puis traverser une rivière vers Oiapoque au Brésil, puis se prendre un bus
d'une durée indéterminée jusqu'à Macapa, puis prendre un bateau d'environ 24h
vers Bélem, la première ville d'un quelconque intérêt dans la région... Sans
compter que le but était d'arriver le lendemain avant 10h à Macapa puisqu'on
avait pu savoir qu'il y avait un départ en bateau à ce moment-là! Bref, un bon
deux jours de transport, quelque chose qui garantit une entrée de blog plutôt ennuyante!
(François: mais non là!)
Le matin,
Ghislain et Marina sont venus nous mener à Cayenne à l'endroit où attendaient
les taxis collectifs vers Saint-Georges. Avec chance, le prochain partait dans
30 minutes, mais était plus cher, parce que tse on était dimanche... C'était officiellement
le transport le plus cher qu'on ait eu du voyage: l'équivalent de 15$ par
heure! Malgré un minibus plein à 95%, le chauffeur a passé presque 1h30 à virevolter
cellulaire à la main dans Cayenne à la recherche d'un ultime passager! Les
passagers ont commencé à s'impatienter (c'est compréhensible quand même) alors
le chauffeur a dû abandonner sa quête! Le trajet de 3h30 s'est passé sans problème,
à part que j'aie dû engouffrer (avec joie) le reste de mon chadèque pour être
sûre de ne pas me le faire confisquer aux douanes! On a aussi passé deux contrôles
de "gendarmes" comme il y en a beaucoup en GF pour qu'ils vérifient
nos papiers. Ils ont d'ailleurs pincé un immigrant illégal brésilien lors du
premier contrôle, qui a dû débarquer de notre bus pour les suivre à la
gendarmerie...!
Notre
arrivée à St-Georges a débuté en étant assaillis par tous les piroguiers du
coin qui nous proposaient de nous emmener sur l'autre rive. On est plutôt
partis dîner (on a finalement juste mangé un gros fromage hollandais faute de
restos corrects, n'oublions pas qu'on était dimanche), puis on est partis au
fin fond de la ville pour avoir notre tampon de sortie. Saint-Georges est un
petit village assez mignon, sans être une attraction en soi. Petites rues,
petites maisons, bien situées sur le bord d'une rivière... La chose qui nous a
le plus frappé est l'omniprésence des gens saouls en ce dimanche après-midi,
chose qu'on ne s'explique pas vraiment... De retour près de la rivière, on a
suivi un piroguier qui nous a fait attendre dans son bateau le temps qu'il
aille chercher des clients avec qui il avait rendez-vous au même moment. Ayant
vu deux autres pirogues (des petits bateau à moteur en fait) partir
et n'ayant toujours pas de nouvelles de notre capitaine, on a entrepris de changer
de bateau. Notre piroguier a fini par revenir bredouille et nous a proposé qu'on
y aille plutôt avec un de ses collègues. Faire affaire avec un piroguier (ou un
taxi) nous stresse toujours un peu: ce serait très facile de nous emmener
ailleurs et de nous dépouiller sans que personne puisse nous aider... Encore
une fois tout s'est bien passé (et pas de petite arnaque comme à St-Laurent)
mais on touche du bois!
(François:
Il y a un pont tout neuf, gracieuseté du gouvernement français, qui relie St-Georges
à Oiapoque. Pourquoi alors traverse-t-on en pirogue? Bonne question! Ça fait 2
ans que le pont est prêt mais il n'est toujours pas inauguré... Il semble que c'est
le Brésil qui traîne de la patte, n'ayant pas vraiment rempli son obligation de
faire une belle route entre Oiapoque et Macapa... Peu importe qui est
responsable, pour l'instant le pont est usé par les éléments sans jamais avoir
vu de traffic depuis 2 ans...)
Oiapoque,
au Brésil, et son absence de choses à faire nous attendait à 10 minutes de
bateau sur une rivière bien jolie bordée de forêts! On devait d'abord passer à
la police fédérale pour être en règle (et avoir une étampe de plus dans notre passeport,
yé!) mais on s'est cogné les dents sur une file interminable... On a compris
qu'on était arrivés juste après un groupe de 50 Franco-guyanais qui avaient passé
le week-end au Brésil. Ils nous ont gentiment proposé qu'on passe avant eux, question
qu'on n'y passe pas la journée! Et une chance parce que le temps filait pour
qu'on attrappe un bus de nuit vers Macapa! On s'est rendus en taxi à la gare, et
on y a appris que le trajet ne durait que 8h, contrairement aux 18-24h annoncés
dans le guide! Même si ça voulait dire qu'on allait arriver à 2h du matin, on
était trop contents de pouvoir attrapper le bateau du lendemain! En attendant
le départ dans 45 minutes, on a mangé du poulet rôti au stand au coin de la
rue, attirant imanquablement deux chiens errants (à qui j'ai bien sûr donné nos
restes de gras, les chanceux).
On a
complété notre repas par des raviolis en boîte (mmmh) dans l'autobus, ce qui nous
a fait perdre notre canif (snif snif) parce qu'il a dû glisser entre les
sièges... On est malgré tout surpris car c'est la première chose qu'on a perdue
du voyage! Et il faut dire qu'il avait coûté 2$ au Dollarama alors c'est pas la
fin du monde! À part ça le trajet s'est fait sans problème.
On est
comme de fait arrivés à Macapa à 2h du matin. Comme à notre habitude, on a
attendu le soleil dans le terminal. Pendant que François écrivait le blogue,
j'ai dormi comme un gros bébé malgré les milliards de petites mouches qui n'ont
pas cessé de nous tourner autour! Il faudrait décidément améliorer notre
hygiène en voyage ;) Finalement, on s'est rendus au centre-ville pour faire un
tour à l'info touristique et acheter les billets de bateau à une agence. L'info
touristique n'en était finalement pas vraiment une, il y avait une policière et
un monsieur pas rapport qui ne parlaient que portugais... Le gars a juste fini
par nous dire d'aller au port pour acheter les billets à l'agence de son ami...
On s'est donc dirigés vers l'arrêt d'autobus pour se rendre au port, non sans
avoir essayé de changer le tas d'euros qui nous restait. Surprise: les banques
n'ouvrent pas avant 11h (et ferment entre 12:30 et 13:30 puis ferment à 15:00)!
Tu parles d'un horaire de merde! Que j'en voie un chialer sur l'heure
d'ouverture de Desjardins haha! On a donc plutôt sorti de l'argent, un peu
stressés d'avoir sur nous une liasse d'euros et une liasse de reals... Sinon,
Macapa est une ville plutôt ordinaire, ni laide ni jolie. Le Lonely Planet a raison:
personne ne va à Macapa juste pour Macapa! Tout le monde y passe en transit
vers la Guyane française ou vers Bélem! Il y a peu d'attractions: outre un vieux
fort portugais, la seule chose spéciale est un monument moche en béton qui indique
qu'on se trouve exactement sur l'équateur... On avait déjà donné à Quito en matière
d'équateur!
Au port,
on a rencontré un Français qui voulait aussi se rendre à Bélem. On a magasiné
les prix dans les agences du port puis on est allés installer nos hamacs sur le
pont. Le bateau était plus petit que celui de la dernière fois et comme on n'était
pas d'avance, il ne restait de la place que dans une section à l'arrière du bateau.
On se demandait bien pourquoi ce coin du bateau était moins populaire; on s'est
finalement rendu compte que c'était parce que le vent emportait vers nous de temps
en temps les odeurs des toilettes... Le fait qu'on soit juste sous l'échelle
vers le troisième pont était aussi problématique: l'eau coulait partout sur le
hamac de François quand il pleuvait! Il fallait donc fermer une grosse trappe
vraiment lourde pour fermer l'accès, ce qui fâchait les autres passagers qui
voulaient monter une fois la pluie finie! Au moins c'était seulement pour une
nuit! Juste avant que le bateau parte, le Français et moi sommes partis
chercher quelque chose à manger vu que cette fois-ci les repas n'étaient pas
compris. Malheureusement, le dépanneur avait très peu pour satisfaire un
gourmet...! Craquelins, saucisses dégueulasses en conserve, pommes, boulettes
de viande en conserve (décidément le meilleur!) et oranges étaient au menu!
Mmmmh
Le bateau
en tant que tel était moins bien que celui vers Manaus, en plus de la pluie la
moitié du temps. Plus vieux, moins bien tenu, toilettes plus sales, eau qui
goûte mauvais, plus cher... Et on dirait que l'ambiance était moins bonne,
comme si personne n'avait envie de socialiser vu que le trajet n'était pas si
long. On a malgré tout fait la connaissance d'une mère et sa fille brésiliennes
qui nous ont donné une moitié de sandwich pour avoir une excuse pour débuter
une conversation! Il y a aussi eu une madame avec ses 3 enfants mignons qui
étaient trop contents de nous voir à chaque fois qu'on les croisait, mais qui
recevaient un nombre impressionant de taloches de la part de leur mère dès
qu'ils faisaient du bruit... Puis 4 étudiants qui apprenaient l'anglais et qui
sont venus nous donner des gâteaux (décidément une tactique répandue) pour
jaser en anglais! Ils étaient bien sympas! Finalement, on a socialisé avec
quand même pas mal de monde, à bien y penser! L'après-midi a été consacré à
écrire le blog dans les hamacs, à jaser au Français (avec qui on s'entendait
nettement moins que nos amis Anglais...) et à admirer le paysage! Le trajet se
déroulait dans le delta de l'Amazone, donc on se promenait entre de grosses
îles, comme dans un immense labyrinthe! Par moment on voyait donc la forêt de
très prêts ou parfois l'infini de la mer! On croisait des petits villages (ou
même juste une maison) et à chaque fois les enfants sautaient dans leur pirogue
(une vraie cette fois, style "l'oreille cassée"!) pour prendre les
vagues derrière le bateau! C'était vraiment cute! D'ailleurs, le soir venu, le
bateau s'est fait assaillir de pirogues pleines d'enfants qui montent sur le
bateau avec des cordes pour venir quêter de l'argent. C'est une pratique
illégale mais tolérée par les autorités et les employés du bateau par pitié
pour les enfants de ces villages isolés... Ça reste vraiment dangereux parce
que s'ils tombent à l'eau, il y a de bonnes chances pour qu'ils passent sous le
bateau ou se fassent aspirer par les moteurs... Ils sont restés un bon moment
sur le bateau et mes cheveux ont fait fureur, ils sont tous venus les toucher
et jouer dedans! On les a regardé partir: quand ils se détachent du bateau ça
part vraiment vite à cause du courant et de la vitesse du bateau et ils doivent
affronter les vagues créées par le bateau... D'ailleurs, une des pirogues a
chaviré mais ils étaient heureusement assez loin du bateau quand ça s'est
passé! N'empêche, chavirer la nuit sur un bras de l'Amazone ne fait pas partie
des expériences qui nous semblent plaisantes...
Après une
grasse matinée pour ma part et un matin bien tranquille pour François, on a
regardé Bélem s'approcher. Notre arrivée a pris un certain temps parce que le navire
s'est d'abord enlisé dans le port de la ville, puis il a fallu faire bouger un
autre bateau pour qu'on puisse enfin accoster! Bref, une heure plus tard (où
s'est mis à douter de la compétence du capitaine), on a débarqué à Bélem!
mardi 26 novembre 2013
Cayenne
Salut! Ici François!
Comme vous a dit Mémé dans notre dernière entrée de blog, à notre arrivée dans les faubourgs de Cayenne, on est allés attendre Ghislain, qu'on avait rencontré une semaine plus tôt à Parbo avec sa copine Marina, dans un petit café près du Carrefour (un genre de IGA) de la ville. Avec les stationnements, les centres d'achat et les échangeurs, ça ressemblait drôlement à un environnement typique d'une banlieue québécoise, quoique plus chaud! Au café, on a continué de discuter avec le soldat tout en dégustant nos premiers bons croissants au chocolat depuis notre départ du Québec! Ghislain est arrivé peu après et on a laissé le soldat en lui donnant l'un de nos bonbons à l'érable qu'on traîne toujours en voyage pour faire goûter aux gens qui nous aident!
On est partis en auto avec Ghislain, en s'arrêtant d'abord à la pension que nous avait recommandé Jo de Kourou. Ensuite, Ghislain nous a conduit chez lui parce qu'il nous invitait à dîner (enfin, à déjeûner, comme on dit en France!) On s'est donc rendus chez eux, dans un mignon petit appartement situé dans une maison à 100m de la mer! Avec la plage à côté et un quartier résidentiel bien relax, difficile de trouver un endroit plus paisible près de la ville! Ghislain et Marina habitent en fait à Rémire-Montjoly, une petite ville périphérique de Cayenne. Beaucoup de Cayennais aisés y ont une maison, et, selon Ghislain, il s'agirait même de l'une des communes les plus riches de France...
Le dîner a été vraiment agréable en compagnie des hôtes les plus aimables qui soient! On a eu droit à des pâtes au saumon avec une bonne bouteille de vin, c'était délicieux! Sans compter le "Ti-Punch" (prononcez "Ti-ponche"), l'équivalent franco-guyanais du caipirinha brésilien (i.e. rhum blanc, jus de canne à sucre et lime) que nous a servi Ghislain pendant la préparation du repas! Je vous disait dans l'entrée sur Manaus qu'en voyage, il y a des gens qu'on rencontre avec qui ça ne clique pas, et d'autres avec qui on s'entend à merveille dès les premiers instants. Ghislain et Marina entrent d'emblée dans la seconde catégorie! On a parlé de tout et de rien, de France, du Québec et de Guyane française durant tout le repas. Ghislain et Marina viennent tous deux de métropole (enfin, Marina est originaire de l'Ïle Maurice mais vivait à Paris avant de venir en Guyane). Ils ont tous les deux décider de tenter leur chance en Guyane française quand Ghislain a reçu une offre d'emploi ici après des mois de recherche de travail (c'est la crise, en Europe...) Et ça a très bien marché: Ghislain travaille aujourd'hui dans l'administration d'une entreprise de récupération, alors que Marina a trouvé un bon boulot dans une parfumerie de Cayenne. Tous deux sont unanimes: obtenir le même type d'emploi en métropole aurait été très difficile, et ici les responsabilités qui leur sont confiées sont bien plus grandes! Bref, ils sont bien contents aujourd'hui d'être partis s'établir outre-mer!
Après le repas, on est tous partis faire un tour sur la plage qui jouxte pratiquement l'appart de Ghislain et Marina. L'eau a beau être brune (on remercie l'Amazone et les tonnes de sédiments qu'il rejette dans l'océan), c'est probablement l'une des plus belles plages des Guyanes, et assurément la plus jolie qu'on ait fait depuis Mancora, au Pérou! Tout en bavardant, on est allés grimper sur les rochers occupant l'une des extrémités de la plage, question d'avoir une bonne vue tant sur la plage que sur les petites collines couvertes de jungle la surplombant! On a vu des raies dans l'eau, on a pris quelques photos tous ensemble puis on est allés se baigner dans les grosses vagues. Comme toujours en Amazonie et dans les Caraïbes, on avait l'impression de prendre un bain tellement l'eau était chaude! Après, on a marché le long de la plage avec Ghislain en jasant pendant un bon moment, avant de revenir à l'appartement dans la noirceur. Par la suite, on est partis avec Ghislain acheter à souper (Marina faisait du gardiennage dans la maison d'un voisin). Ghislain en a profité pour nous faire faire un tour de Cayenne-by-night, question de voir notamment la place centrale (la Place des palmistes, couverte de palmiers (d'où le nom, tsé))! On s'est ensuite arrêtés dans un stand à sandwiches dont Marina connaissait la proprio pour se faire une bonne bouffe de sandwich avec pain baguette! On est ensuite revenus, Ghislain a acheté de la bière puis on a rejoint Marina pour souper dans la magnifique maison de ses voisins! Encore une fois, ce fut très agréable et drôle! On a jasé notamment des chanteurs quétaines de France et du Québec, et à un certain moment la conversation a tourné sur la caractère impénétrable de notre accent... Question de confirmer que l'accent québécois peut être impossible à comprendre, on leur a montré un extrait de La petite vie, et ils n'arrivaient pas à saisir le dixième de ce que disaient Popa et Moman! La soirée est devenue hilarante au retour des voisins (dont on squattait la maison!), deux extraordinaires pince-sans-rire! L'homme était super intéressé de nous jaser parce qu'il avait récemment eu l'idée de reprendre une franchise d'un Presse café à Montréal, au grand dam de sa femme qui trouvait qu'il ne cessait d'avoir des projets abracadabrants! On s'est aussi rendus compte en Guyane française que les gens me comprenaient plus facilement que Mémé, ce qui a complexé Mémé parce qu'elle était maintenant sûre d'avoir un accent de bûcheron. Comme pour peser sur le bobo, la dame a fini par interrompre Mémé pendant qu'elle me parlait pour lui dire "Mais tu parles quelle langue là?" Haha!
Bref, ce fut une super soirée entre amis! On est ensuite rentrés à l'appart de Ghislain et Marina, où on s'est installés pour dormir. Ah oui, parce que finalement ils avaient généreusement offert de nous héberger en plus! On ne voulait pas abuser après le repas et la journée, mais ils nous ont convaincus qu'on ne dérangeait pas et on est finalement restés avec plaisir! Merci encore pour tout si vous nous lisez!
Après un déjeûner à l'appartement le lendemain (où on a notamment appris que le beurre d'arachide était aussi un déjeûner commun à l'Ïle Maurice: on en a proposé à Marina et c'est ce qu'elle nous a dit... oui on a acheté du beurre d'arachide à Parbo!), Ghislain et Marina nous ont proposé de nous conduire en ville (i.e. à Cayenne) parce qu'ils devaient se déplacer de toute façon et que, tant qu'à faire, ils nous amèneraient! En chemin, on s'est d'abord arrêtés au garage pour y laisser l'auto de Ghislain. Pendant ce temps, Marina a avisé un goyavier (un arbre à goyaves) couverts de fruits que les filles ont alors entrepris de délester... Enfin, jusqu'à ce qu'elles se mettent à se donner des claques sur les jambes en poussant des cris de douleur! Sans le savoir, elles avaient mis le pied sur un nid de fourmis rouges! Et contrairement aux autres fourmis, quand on dérange des fourmis rouges elles contre-attaquent: elles grimpent sur toi et se mettent à te mordre! En tentant de débarrasser Mémé de ces insectes belliqueux, j'ai pu l'expérimenter moi-même sur une main: la morsure pince vraiment! Disons que les goyaves ont été chèrement gagnées finalement!
De retour sur la route, on était sur le point de s'engager sur un rond-point quand on s'est fait dépasser en trombe par une minivan conduite par une dame qui n'avait pas l'air trop sûre de ses capacités et qui allait décidément trop vite pour un rond-point... On en était à ces réflexions quand la dame a soudainement perdu le contrôle de son véhicule, qui est passé par-dessus la bordure de béton pour plonger dans le marécage au centre du rond-point! On a stationné la voiture pour aller prêter main-forte à la dame et son fils, qui ont pu heureusement s'extirper indemnes de l'auto à moitié inondée! Plus de peur que de mal finalement, mais c'était plutôt impressionnant à voir! Puis, on est entrés dans Cayenne même. C'était samedi, jour de marché, et Ghislain et Marina nous ont justement laissé face aux étals en plein air. C'était peut-être l'un des plus beaux marchés qu'on ait fait depuis un moment: il y avait tout plein de fruits et légumes différents, exotiques (ou pas) et colorés. Mémé a trouvé son bonheur en achetant un chadèque, un genre de gros pamplemousse avec assez de chair pour nourrir une armée! (Mémé: non, vous comprenez pas, c'est le meilleur fruit de la terre!! Un fruit plus sucré qu'un pamplemousse, avec presque 1 pied de diamètre! C'est devenu mon fruit préféré et je suis en deuil depuis, on en a pas retrouvé...) Bon, Mémé a en fait énormément trippé sur ce fruit-là, c'en était même malsain. Après avoir déambulé un bon moment entre les vendeurs qui criaient et les clients qui tâtaient les produits, on a visité le marché aux poissons (et l'odeur qui va avec) avant de marcher un peu sur le quai (plutôt une digue s'avançant entre les mangroves sur les eaux brunes de la rivière Cayenne). La pluie nous a chassés du quai vers les rues du centre, où on est restés un peu avant d'avoir faim et de revenir vers le marché pour le dîner. On nous avait vanté les mérites des soupes vietnamiennes (pho) qu'on servait dans les stands dans les marchés: pour 4 euros, c'était effectivement succulent et pas cher pour la Guyane française! La Guyane française abrite quelques communautés hmong du Vietnam et du Laos, qui s'y sont établies en fuyant la guerre d'Indochine, et le Lonely Planet dit qu'on retrouve donc en Guyane française la meilleure bouffe d'Asie du sud-est en Amérique du Sud! En partant, on a aussi goûté à différents types d'alcools forts aromatisés à l'un des stands du marché où un gars n'arrêtait plus de nous donner des échantillons! Il y a aussi eu un gars louche qui est passé très près d'un stand de gogosses pour touristes à côté de nous puis s'est éloignés subrepticement... seulement pour se faire bondir dessus par la madame du kiosque qui s'est mise à le tapocher et lui a arraché des mains le bol en bois qu'il venait de voler!! Haha!
Ensuite, on a vraiment visité le centre historique de Cayenne. Le Lonely Planet décrit Cayenne comme étant "perhaps one of the loveliest capitals of South America". On est pas certains d'être entièrement d'accord... Vrai, la ville a un héritage colonial évident. La préfecture, la mairie, le marché et quelques autres bâtiments administratifs occupent de vieux bâtiments coloniaux très bien restaurés, et dans le centre on trouve nombre de vieilles maisons bien belles à regarder. Par contre, beaucoup d'autres manquent d'entretien, et la construction anarchique d'immeubles en béton gâche un peu l'effet en plantant partout dans la vieille ville des bâtiments sans grand intérêt. La place centrale (la place des Palmistes) est jolie avec ses palmiers et ses vieilles maisons, mais elle est traversée par des voies pavées pour les voitures qui font en sorte que le promeneur ne s'y arrête pas nécessairement. Bref, Cayenne a clairement du charme, mais, dans les Guyanes, Parbo est, à notre avis, beaucoup plus jolie (Georgetown est hors-concours)! Au cours de notre tour de ville, on a aussi tenté de visiter les ruines du vieux fort français qui surmonte la butte qui domine la ville, mais on s'est fait interdire l'accès par les militaires qui occupent aujourd'hui le site...
Après le marché, le quai, le fort, une visite des plus jolis bâtiments et une longue promenade dans les rues, on a eu l'impression d'avoir bien vu Cayenne. On s'est donc arrêtés prendre une chocolatine dans un petit café (miam!) tout en répondant à des courriels et en écrivant le blog... et en recevant un appel Skype surprise de mon père! Par contre, on a fini par être éjectés du café parce que, comme partout en Guyane française, tout ferme pour la seconde moitié de l'après-midi! Une fois en-dehors, on a erré encore un peu dans les rues désertes de ce samedi après-midi puis on a fait quelques achats dans un chinois du coin (notamment du chocolat et une bouteille de vin pour remercier Ghislain et Marina de leur accueil). En sortant de l'épicerie, on trouvait que ça nous avait coûté étrangement peu cher, puis on a réalisé qu'on ne nous avait pas chargé le prix de la bouteille! On est revenus et la caissière était tellement contente (ou surprise?) qu'on revienne pour corriger l'erreur qu'elle nous a donné en plus une barre de chocolat! Morale de l'histoire: ça aurait peut-être été plus payant d'être malhonnêtes, mais tsé on n'aurait pas eu de chocolat en plus! (et on se serait aussi sentis mal...) Ensuite, on s'est dit qu'on allait continuer courriels + blogs dans l'une des seules institutions qui restent ouvertes coûte que coûte: le bistrot! Attablés devant une Jeune Gueule ambrée (la microbrasserie locale, plutôt bonne), on a passé la fin de l'après-midi bien relax, à écrire... et à assister au match de rugby qui opposait la France à un autre pays à ce moment-là!
Au début de la soirée, Ghislain est venu nous chercher en voiture (quel service, décidément!) et on a jasé de tout plein de chose en revenant vers leur appartement. Pour notre dernier souper tous ensemble, on a mangé de la lasagne et de l'agneau au curry (le second plat pour nous donner une idée de l'île Maurice) avec notre bouteille de vin et même du champagne "maison"! Encore une fois, ça a été une très agréable soirée! Avant de dormir, on a parlé à ma mère et à mon frère sur Skype, pendant que Marina cognait des clous dans la cuisine, la pauvre!
On vous parle de St-Georges-de-l'Oyapoque, de Macapa et du delta de l'Amazone dans la prochaine entrée! À bientôt!
Pour Ghislain et Marina, si vous nous lisez: une dernière fois, un merci très spécial à vous deux d'avoir fait de notre passage à Cayenne un moment si plaisant!!
Comme vous a dit Mémé dans notre dernière entrée de blog, à notre arrivée dans les faubourgs de Cayenne, on est allés attendre Ghislain, qu'on avait rencontré une semaine plus tôt à Parbo avec sa copine Marina, dans un petit café près du Carrefour (un genre de IGA) de la ville. Avec les stationnements, les centres d'achat et les échangeurs, ça ressemblait drôlement à un environnement typique d'une banlieue québécoise, quoique plus chaud! Au café, on a continué de discuter avec le soldat tout en dégustant nos premiers bons croissants au chocolat depuis notre départ du Québec! Ghislain est arrivé peu après et on a laissé le soldat en lui donnant l'un de nos bonbons à l'érable qu'on traîne toujours en voyage pour faire goûter aux gens qui nous aident!
On est partis en auto avec Ghislain, en s'arrêtant d'abord à la pension que nous avait recommandé Jo de Kourou. Ensuite, Ghislain nous a conduit chez lui parce qu'il nous invitait à dîner (enfin, à déjeûner, comme on dit en France!) On s'est donc rendus chez eux, dans un mignon petit appartement situé dans une maison à 100m de la mer! Avec la plage à côté et un quartier résidentiel bien relax, difficile de trouver un endroit plus paisible près de la ville! Ghislain et Marina habitent en fait à Rémire-Montjoly, une petite ville périphérique de Cayenne. Beaucoup de Cayennais aisés y ont une maison, et, selon Ghislain, il s'agirait même de l'une des communes les plus riches de France...
Le dîner a été vraiment agréable en compagnie des hôtes les plus aimables qui soient! On a eu droit à des pâtes au saumon avec une bonne bouteille de vin, c'était délicieux! Sans compter le "Ti-Punch" (prononcez "Ti-ponche"), l'équivalent franco-guyanais du caipirinha brésilien (i.e. rhum blanc, jus de canne à sucre et lime) que nous a servi Ghislain pendant la préparation du repas! Je vous disait dans l'entrée sur Manaus qu'en voyage, il y a des gens qu'on rencontre avec qui ça ne clique pas, et d'autres avec qui on s'entend à merveille dès les premiers instants. Ghislain et Marina entrent d'emblée dans la seconde catégorie! On a parlé de tout et de rien, de France, du Québec et de Guyane française durant tout le repas. Ghislain et Marina viennent tous deux de métropole (enfin, Marina est originaire de l'Ïle Maurice mais vivait à Paris avant de venir en Guyane). Ils ont tous les deux décider de tenter leur chance en Guyane française quand Ghislain a reçu une offre d'emploi ici après des mois de recherche de travail (c'est la crise, en Europe...) Et ça a très bien marché: Ghislain travaille aujourd'hui dans l'administration d'une entreprise de récupération, alors que Marina a trouvé un bon boulot dans une parfumerie de Cayenne. Tous deux sont unanimes: obtenir le même type d'emploi en métropole aurait été très difficile, et ici les responsabilités qui leur sont confiées sont bien plus grandes! Bref, ils sont bien contents aujourd'hui d'être partis s'établir outre-mer!
Après le repas, on est tous partis faire un tour sur la plage qui jouxte pratiquement l'appart de Ghislain et Marina. L'eau a beau être brune (on remercie l'Amazone et les tonnes de sédiments qu'il rejette dans l'océan), c'est probablement l'une des plus belles plages des Guyanes, et assurément la plus jolie qu'on ait fait depuis Mancora, au Pérou! Tout en bavardant, on est allés grimper sur les rochers occupant l'une des extrémités de la plage, question d'avoir une bonne vue tant sur la plage que sur les petites collines couvertes de jungle la surplombant! On a vu des raies dans l'eau, on a pris quelques photos tous ensemble puis on est allés se baigner dans les grosses vagues. Comme toujours en Amazonie et dans les Caraïbes, on avait l'impression de prendre un bain tellement l'eau était chaude! Après, on a marché le long de la plage avec Ghislain en jasant pendant un bon moment, avant de revenir à l'appartement dans la noirceur. Par la suite, on est partis avec Ghislain acheter à souper (Marina faisait du gardiennage dans la maison d'un voisin). Ghislain en a profité pour nous faire faire un tour de Cayenne-by-night, question de voir notamment la place centrale (la Place des palmistes, couverte de palmiers (d'où le nom, tsé))! On s'est ensuite arrêtés dans un stand à sandwiches dont Marina connaissait la proprio pour se faire une bonne bouffe de sandwich avec pain baguette! On est ensuite revenus, Ghislain a acheté de la bière puis on a rejoint Marina pour souper dans la magnifique maison de ses voisins! Encore une fois, ce fut très agréable et drôle! On a jasé notamment des chanteurs quétaines de France et du Québec, et à un certain moment la conversation a tourné sur la caractère impénétrable de notre accent... Question de confirmer que l'accent québécois peut être impossible à comprendre, on leur a montré un extrait de La petite vie, et ils n'arrivaient pas à saisir le dixième de ce que disaient Popa et Moman! La soirée est devenue hilarante au retour des voisins (dont on squattait la maison!), deux extraordinaires pince-sans-rire! L'homme était super intéressé de nous jaser parce qu'il avait récemment eu l'idée de reprendre une franchise d'un Presse café à Montréal, au grand dam de sa femme qui trouvait qu'il ne cessait d'avoir des projets abracadabrants! On s'est aussi rendus compte en Guyane française que les gens me comprenaient plus facilement que Mémé, ce qui a complexé Mémé parce qu'elle était maintenant sûre d'avoir un accent de bûcheron. Comme pour peser sur le bobo, la dame a fini par interrompre Mémé pendant qu'elle me parlait pour lui dire "Mais tu parles quelle langue là?" Haha!
Bref, ce fut une super soirée entre amis! On est ensuite rentrés à l'appart de Ghislain et Marina, où on s'est installés pour dormir. Ah oui, parce que finalement ils avaient généreusement offert de nous héberger en plus! On ne voulait pas abuser après le repas et la journée, mais ils nous ont convaincus qu'on ne dérangeait pas et on est finalement restés avec plaisir! Merci encore pour tout si vous nous lisez!
Après un déjeûner à l'appartement le lendemain (où on a notamment appris que le beurre d'arachide était aussi un déjeûner commun à l'Ïle Maurice: on en a proposé à Marina et c'est ce qu'elle nous a dit... oui on a acheté du beurre d'arachide à Parbo!), Ghislain et Marina nous ont proposé de nous conduire en ville (i.e. à Cayenne) parce qu'ils devaient se déplacer de toute façon et que, tant qu'à faire, ils nous amèneraient! En chemin, on s'est d'abord arrêtés au garage pour y laisser l'auto de Ghislain. Pendant ce temps, Marina a avisé un goyavier (un arbre à goyaves) couverts de fruits que les filles ont alors entrepris de délester... Enfin, jusqu'à ce qu'elles se mettent à se donner des claques sur les jambes en poussant des cris de douleur! Sans le savoir, elles avaient mis le pied sur un nid de fourmis rouges! Et contrairement aux autres fourmis, quand on dérange des fourmis rouges elles contre-attaquent: elles grimpent sur toi et se mettent à te mordre! En tentant de débarrasser Mémé de ces insectes belliqueux, j'ai pu l'expérimenter moi-même sur une main: la morsure pince vraiment! Disons que les goyaves ont été chèrement gagnées finalement!
De retour sur la route, on était sur le point de s'engager sur un rond-point quand on s'est fait dépasser en trombe par une minivan conduite par une dame qui n'avait pas l'air trop sûre de ses capacités et qui allait décidément trop vite pour un rond-point... On en était à ces réflexions quand la dame a soudainement perdu le contrôle de son véhicule, qui est passé par-dessus la bordure de béton pour plonger dans le marécage au centre du rond-point! On a stationné la voiture pour aller prêter main-forte à la dame et son fils, qui ont pu heureusement s'extirper indemnes de l'auto à moitié inondée! Plus de peur que de mal finalement, mais c'était plutôt impressionnant à voir! Puis, on est entrés dans Cayenne même. C'était samedi, jour de marché, et Ghislain et Marina nous ont justement laissé face aux étals en plein air. C'était peut-être l'un des plus beaux marchés qu'on ait fait depuis un moment: il y avait tout plein de fruits et légumes différents, exotiques (ou pas) et colorés. Mémé a trouvé son bonheur en achetant un chadèque, un genre de gros pamplemousse avec assez de chair pour nourrir une armée! (Mémé: non, vous comprenez pas, c'est le meilleur fruit de la terre!! Un fruit plus sucré qu'un pamplemousse, avec presque 1 pied de diamètre! C'est devenu mon fruit préféré et je suis en deuil depuis, on en a pas retrouvé...) Bon, Mémé a en fait énormément trippé sur ce fruit-là, c'en était même malsain. Après avoir déambulé un bon moment entre les vendeurs qui criaient et les clients qui tâtaient les produits, on a visité le marché aux poissons (et l'odeur qui va avec) avant de marcher un peu sur le quai (plutôt une digue s'avançant entre les mangroves sur les eaux brunes de la rivière Cayenne). La pluie nous a chassés du quai vers les rues du centre, où on est restés un peu avant d'avoir faim et de revenir vers le marché pour le dîner. On nous avait vanté les mérites des soupes vietnamiennes (pho) qu'on servait dans les stands dans les marchés: pour 4 euros, c'était effectivement succulent et pas cher pour la Guyane française! La Guyane française abrite quelques communautés hmong du Vietnam et du Laos, qui s'y sont établies en fuyant la guerre d'Indochine, et le Lonely Planet dit qu'on retrouve donc en Guyane française la meilleure bouffe d'Asie du sud-est en Amérique du Sud! En partant, on a aussi goûté à différents types d'alcools forts aromatisés à l'un des stands du marché où un gars n'arrêtait plus de nous donner des échantillons! Il y a aussi eu un gars louche qui est passé très près d'un stand de gogosses pour touristes à côté de nous puis s'est éloignés subrepticement... seulement pour se faire bondir dessus par la madame du kiosque qui s'est mise à le tapocher et lui a arraché des mains le bol en bois qu'il venait de voler!! Haha!
Ensuite, on a vraiment visité le centre historique de Cayenne. Le Lonely Planet décrit Cayenne comme étant "perhaps one of the loveliest capitals of South America". On est pas certains d'être entièrement d'accord... Vrai, la ville a un héritage colonial évident. La préfecture, la mairie, le marché et quelques autres bâtiments administratifs occupent de vieux bâtiments coloniaux très bien restaurés, et dans le centre on trouve nombre de vieilles maisons bien belles à regarder. Par contre, beaucoup d'autres manquent d'entretien, et la construction anarchique d'immeubles en béton gâche un peu l'effet en plantant partout dans la vieille ville des bâtiments sans grand intérêt. La place centrale (la place des Palmistes) est jolie avec ses palmiers et ses vieilles maisons, mais elle est traversée par des voies pavées pour les voitures qui font en sorte que le promeneur ne s'y arrête pas nécessairement. Bref, Cayenne a clairement du charme, mais, dans les Guyanes, Parbo est, à notre avis, beaucoup plus jolie (Georgetown est hors-concours)! Au cours de notre tour de ville, on a aussi tenté de visiter les ruines du vieux fort français qui surmonte la butte qui domine la ville, mais on s'est fait interdire l'accès par les militaires qui occupent aujourd'hui le site...
Après le marché, le quai, le fort, une visite des plus jolis bâtiments et une longue promenade dans les rues, on a eu l'impression d'avoir bien vu Cayenne. On s'est donc arrêtés prendre une chocolatine dans un petit café (miam!) tout en répondant à des courriels et en écrivant le blog... et en recevant un appel Skype surprise de mon père! Par contre, on a fini par être éjectés du café parce que, comme partout en Guyane française, tout ferme pour la seconde moitié de l'après-midi! Une fois en-dehors, on a erré encore un peu dans les rues désertes de ce samedi après-midi puis on a fait quelques achats dans un chinois du coin (notamment du chocolat et une bouteille de vin pour remercier Ghislain et Marina de leur accueil). En sortant de l'épicerie, on trouvait que ça nous avait coûté étrangement peu cher, puis on a réalisé qu'on ne nous avait pas chargé le prix de la bouteille! On est revenus et la caissière était tellement contente (ou surprise?) qu'on revienne pour corriger l'erreur qu'elle nous a donné en plus une barre de chocolat! Morale de l'histoire: ça aurait peut-être été plus payant d'être malhonnêtes, mais tsé on n'aurait pas eu de chocolat en plus! (et on se serait aussi sentis mal...) Ensuite, on s'est dit qu'on allait continuer courriels + blogs dans l'une des seules institutions qui restent ouvertes coûte que coûte: le bistrot! Attablés devant une Jeune Gueule ambrée (la microbrasserie locale, plutôt bonne), on a passé la fin de l'après-midi bien relax, à écrire... et à assister au match de rugby qui opposait la France à un autre pays à ce moment-là!
Au début de la soirée, Ghislain est venu nous chercher en voiture (quel service, décidément!) et on a jasé de tout plein de chose en revenant vers leur appartement. Pour notre dernier souper tous ensemble, on a mangé de la lasagne et de l'agneau au curry (le second plat pour nous donner une idée de l'île Maurice) avec notre bouteille de vin et même du champagne "maison"! Encore une fois, ça a été une très agréable soirée! Avant de dormir, on a parlé à ma mère et à mon frère sur Skype, pendant que Marina cognait des clous dans la cuisine, la pauvre!
On vous parle de St-Georges-de-l'Oyapoque, de Macapa et du delta de l'Amazone dans la prochaine entrée! À bientôt!
Pour Ghislain et Marina, si vous nous lisez: une dernière fois, un merci très spécial à vous deux d'avoir fait de notre passage à Cayenne un moment si plaisant!!
samedi 23 novembre 2013
Kourou
Salut, c'est Mémé qui continue la section sur la Guyane française!
La route entre Saint-Laurent et Kourou est magnifique! Bien qu'elle relie deux des grandes villes, on se rend compte que la GF n'est pas très populeuse... On a eu droit à des forêts toutesvertes dès qu'on a quitté la ville! On a profité du trajet pour réserver notre place sur le bateau qui se rend aux Îles-du-Salutprès de Kourou, et pour s'informer sur les visites guidées au Centre Spatial Guyanais, là d'où décollent les fusées européennes (avec notre carte sim achetée inutilement pour l'entrevue mais qui s'est finalement révélée essentielle pour l'organisation en Guyane française). Malheureusement, on a appris qu'il n'y avait aucune place libre pour les visites d'ici deux semaines!! C'est dommage parce que ça aurait été intéressant àvisiter... À Kourou, le chauffeur du taxi collectif a fait la run de lait pour aller mener tous les passagers chez eux. Ça nous a permis de voir des coins de la ville où on ne serait pas allés normalement, comme un quartier très pauvre où des familles s'entassaient dans des minuscules apartements construits dans de longues maisons mobiles. À vrai dire, on anticipait un peu notre passage à Kourou, connue comme étant la ville la plus dangereuse de Guyane française. Kourou vit presque uniquement du centre spatial (le seul gros employeur dudépartement!). De brillants scientifiques européens grassement payés viennent donc s'établir à Kourou le temps de leur contrat. Le reste de la population elle n'a pas du tout le salaire des scientifiques, et l'argent de ces derniers ne sert pas à améliorer les conditions de vie des franco-guyanais... Bref, les disparités sont énormes et la criminalité est élevée.
Le taxi nous a laissé dans un carbet pas cher, dans le village amérindien. Là aussi on anticipait un peu: on n'avait pas envie de dormir à la belle étoile dans le Kanesatake d'une ville pas sécuritaire... Finalement, ce n'était pas du tout comme ça! Le carbet était sur la plage, entouré de cocotiers et on entendait bien le bruit des vagues! On y a rencontré un Français (Jo) qui habitait là depuis deux mois et qui nous a confirmé qu'il n'y avait pas de problème côté sécurité pour dormir là. François et moi on est partis à la recherche d'un souper et on a fini par manger dans l'entrée de garage d'une madame qui faisait cuire du poulet près de la rue. On a dit au revoir à son fils de 4 ans qui était devenu notre grand ami et on est revenus à l'hôtel, stressés de marcher seuls le soir dans la ville...
Jo le Français nous a proposé d'aller prendre une bière alors on est tous partis vers le centre pas trop loin du carbet. C'était vraiment un personnage: si on avait été au Moyen-Âge, il aurait été un mélange entre un soldat et un moine: il était marin, aimait la chasse et les avions, mais il était en même temps vraiment spirituel et ermite... Il a passé un bon moment de la soirée à philosopher sur le sens de la vie et à nous raconter ses projets de romans. Il nous a aussi confirmé que Kourou n'est pas exemplaire en termes de sécurité:
- Un de mes amis s'est fait donner un coup de machette en pleine place centrale à midi, on est venus le sortir de là avec nos fusils, on a tiré mais on a raté les gars
- Non les policiers ne font rien, ils ont peur parce qu'ils vont recroiser les bandits le lendemain dans un bar
- Ils ont retrouvé un des gars qui a fait ça mais ils l'ont libéré parce qu'il est mineur
- Je me promène toujours avec mon couteau, et mon fusil esttoujours chargé
- Pas mal tous les commerces se sont fait braquer
- Si on vous braque, même si vous donnez tout ce que vous avez, ils vont probablement vous poignarder aussi parce que ça les amuse
Bref, on est sortis le moins possible durant tout notre séjour...!
De retour au carbet, on est allés sur la plage pour regarder les étoiles puis on a dormi semi-mal en se faisant réveiller par la pluie qui entrait à cause du vent! Le reveil sous les cocotiers était magnifique par contre! Comme Jo se rendait au port pour ses cours de voile, il nous y a mené en même temps. En effet, on allait passer la journée aux Îles-du-Salut! C'est là que la Franceenvoyait ses pires bandits et ses prisonniers politiques (ex: Dreyfus). À cause de ça, les Français ont eu longtemps une mauvaise opinion de la Guyane vu que c'est là qu'on se débarassait de la racaille... En plus des ruines des prisons (les bagnes), on peut marcher dans des sentiers parce que les îles sont encore très sauvages! Le catamaran pour s'y rendre était vraiment bien: il y avait deux toiles de trampolines installées à l'avant d'où on pouvait regarder l'eau entre les deux quilles et prendre les vagues encore plus fort (mais on ne pouvait pas sauter malheureusement...)! On est arrivés à l'île principale (il y a en tout 3 petites îles mais on ne peut en visiter qu'une) après 30 minutes de navigation en haute mer! On tombe d'abord sur la maison du directeur, qui contient habituellement un musée mais qui était fermée lors de notre visite. Puis, il y a la "place centrale" avec la maison du médecin, l'église et l'hôpital. À part l'église qui a été rénovée, l'hôpital est encore en ruines, et c'est assez glauque avec les fenêtres avec des barreaux en métal rouillé... Il faut dire que le bagne des Îles a fermé un peu après la deuxième guerre mondiale donc tout est décrépit! Après on a visité la section où vivaient les employés de la prison, puis enfin les cellules de la prison. C'était vraiment sinistre! Des cellulesgrosses comme un lit simple, avec des crochets au mur pour y attacher des chaines et une petite fenêtre dotée de barreaux tout en haut de la pièce qui ne laissait presque pas entrer la lumière! Ça ne devait pas être génial d'être un bagnard, même si l'environnement en-dehors lui est très mignon!
À côté d'un marais (un réservoir d'eau à l'époque) qui nous mettait en garde contre la présence de caïmans se trouvait un hôtel où les visiteurs de l'île peuvent rester. On y a attendu un peu que la pluie cesse en observant les paons, les poules et les capibaras qui trottaient devant l'entrée!
Comme je l'ai dit, les îles sont encore très naturelles, surtout tout autour du terrain avec les bâtiments de l'ancienne prison. On peut y marcher un certain temps, soit en longeant la mer ou plus à l'intérieur de l'île. Et contrairement à Kourou où l'eau est brune, ici elle est plus bleue (mais pas vraiment transparente, on est pas loin de l'Amazone tsé)! On a trouvé un endroit avec plein de roches plates où on a mangé notre délice du midi: des raviolis en conserve. On a pu confirmer que l'eau était toute aussi chaude que dans les Caraïbes, c'est vraiment parfait comme température! Mais comme le courant à cet endroit menaçait de nous emporter à chaque vague, on s'est dirigés un peu plus loin où des gens se baignaient, protégés des vagues par une digue. On a trempoté un bon moment en jasant à d'autres touristes français. C'est vraiment drôle parce que presque tous les Français qu'on a rencontrés sont venus en GF pour travailler ou pour visiter des amis qui sont venus y travailler. Très peu viennent pour le tourisme! Et tous les gendarmes en GF viennent de la métropole, ce qui fait selon moi vraiment bizarre. Des policiers blancs dans une population en majorité de couleur, ça fait colonialiste non?? En fait on a trouvé que la GF fait vraiment "colonie", les abus en moins: l'élite (scientifiques, fonctionnaires...) vient de "métropole", qui fournit tout (subventions, salaires, produits...) à ce morceau oublié de "France" en Amérique du Sud... Et bien sur, les inégalités sont grandes, les Blancs vivent bien et ce sont surtout les Amérindiens, les Noirs et les immigrants des pays voisins qui restent dans la pauvreté...
Après la baignade, j'ai fait une sieste sur une roche pendant que François s'amusait avec des petits insectes qui ressemblaient à des troglodytes (mon premier travail de recherche au primaire portait sur les troglodytes, c'est la première fois que ce savoir me sert!!). On a continué notre marche le long de la côte en marchant sous les cocotiers puis on s'est enfoncés dans la jungle avant de revenir prendre le bateau (et la trampoline!). Ce fut une bien belle journée!!
Comme on prévoyait partir le lendemain pour Cayenne, il fallait qu'on se renseigne pour savoir d'où partaient les taxis collectifs. On a donc tenté notre chance avec le gentil réceptionniste du bateau qui n'a pas su nous aider sur ce point mais qui nous a dit qu'un de ses amis devait se rendre à Cayenne le lendemain! En plus, il nous a reconduit au carbet, nous évitant une grosse heure de marche, parce que "il a beaucoup voyagé lui-aussi et il aimerendre service"! C'est fou comment on rencontre des gens gentils en voyage!
Autre point auquel on ne s'attendait pas en GF: c'est difficile de trouver du wifi! On avait espoir que le McDo au coin de la rue en aurait, mais non, même pas! Et il faut absolument un cellulaire pour organiser tous nos transports! Au moins, celui vers Cayenne était maintenant confirmé! Après souper, on s'est tous transformés en exterminateurs... Tout a commencé quand Jo nous a dit que la chienne de la famille allait mourir parce qu'elle était complètement infestée de tiques... Elle faisait vraiment pitié alors Jo lui en enlevait le plus possible mais c'était peine perdue... Un peu après, François qui était retourné dans le carbet nous dit: "c'est des tiques qu'il y a partout sur le plancher??". En effet, il y avait des petites tiques un peu partout par terre!! On s'est mis à toutes les écraser jusqu'à ce qu'on se rende compte qu'elles avaient envahi les pilliers de bois du carbet!! Il y en avait des milliers, en plus de celles qui sortaient sans cesse du sable...! On a essayé de mettre du chasse-moustique sur leurs nids, elles s'enfuyaient instantanément et on pouvait les écraser par terre. J'étais la préposée à l'écrasage, et pendant que Jo philosophait comme quoi les tiques allaient assister à la fin de la race humaine, François analysait la situation. Les proprios (qui semblaient autant peu intéressés par l'invasion du carbet que par la souffrance de leur chien) nous ont prêté de l'insecticide. Ce fut l'apocalypse pour les tiques! François a pris les choses en main (moi j'écrasais celles qui osaient s'enfuir) et a pris sa tâche tellement à coeur qu'il s'est fracassé la tête contre une tôle en métal...! Après avoir rincé abondamment (on dormait juste à côté) et avoir paranoïé sur le fait qu'on était tous infestés nous aussi, on est allés dormir sous la protection illusoire du moustiquaire.
Le lendemain, quelques tiques étaient revenues dans les nids mais la plupart avaient été désintégrées grâce à nos bons soins... On a pris un douche, écrit un peu le blog sur la plage puis on est partis au rendez-vous pour notre lift vers Cayenne. L'ami du réceptionniste du bateau (on a oublié son nom...) était vraiment sympathique! Il était dans l'armée et partait souvent en missiondans la jungle pour arrêter les chercheurs d'or illégaux, qui pullulent dans les forêts inhabitées de la Guyane. Imaginez:partir 5 semaines (et parfois plus) dans la jungle suffocante, avec la malaria, la dengue et la rage, avec un ravitaillement en hélicoptère à la moitié du temps, à dormir dans des hamacs... Il faut vraiment être courageux! Il nous a dit que les orpailleurs(i.e. les chercheurs d'or) formaient souvent des communautés bien organisées, que l'armée trouvait parfois des villages de plusieurs milliers d'habitants qui vivent au milieu de la forêtsans que personne ne le sache! Le trajet a vraiment passé vite, on a jasé tout le long! En banlieue de Cayenne, on est allés prendre une chocolatine (une vraie, on est en France quand même!) avec lui en attendant Ghislain, un Français qu'on avait rencontré à Paramaribo et qui nous avait invité à manger avec lui et sa copine quand on serait à Cayenne!
La capitale de la Guyane française pour la prochaine fois!
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