samedi 12 octobre 2013

Quilotoa


Salut c'est toujours Mémé qui écrit!

Après un petit deux heures de route (on s'habitue à force de faire Québec-Montréal!), on est arrivés dans la ville plutôt moche de Latacunga. Après une courte visite à la gare de train (l'Équateur est en train de rénover son système ferroviaire surtout à cause du tourisme), on a bien vu que le système n'était pas encore au point vu qu'on peut uniquement faire des allers-retours dans la même journée à partir de Quito... On a dîné puis on est partis vers le village de Quilotoa, en ayant tout un effet sur une petite fille qui vendait des gommes dans l'allée quand elle s'est aperçue qu'on était étrangers et sur une autre fille fascinée par mon iPod et le clavier portatif sur lequel on écrit le blog!

On a dormi un certain temps puis on s'est fait réveiller par le chauffeur qui nous a dit qu'on était arrivés. On s'est vite rendu compte qu'on était en fait au village précédent, Zumbahua... Encore groggy de notre réveil brutal, on s'est éloigné un peu de tous ceux qui nous proposaient de nous mener à Quilotoa pour se réveiller un peu. On s'est dit qu'on allait attendre le prochain bus qui était une demie-heure plus tard, au grand déplaisir d'un chauffeur de camionette visiblement beaucoup trop jeune pour avoir un permis de conduire... Finalement, il nous a proposé de nous y amener dans la boîte de son pick-up pour 50¢, ce qu'on trouvait plutôt fair comme prix haha! Donc, cramponnés aux barreaux de la camionette, on a roulé pour 20 minutes à travers des paysages des plus mignons! Quilotoa est un minuscule village (2 rues...) qui attire les touristes avec une immense lagune située dans le cratère d'un ancien volcan, en plus de sa localisation dans une vallée fertile et par le même coup bien jolie! Accueillis par des enfants voulant nous mener à l'hostel de leurs parents, on a jeté notre dévolu sur un petit hotel familial plutôt mignon tenu par une fille dans la vingtaine super gentille. Elle était habillée en habits traditionnels comme beaucoup de femmes du village: les habits traditionnels des indigènes équatoriens sont plus sobres que ceux des Boliviens, souvent noirs et avec un chapeau du même ton. Ils sont aussi plus féminins que ceux des Boliviennes (qui portent des jupes super rembourrées) et c'est très joli!

On est allés voir la lagune, d'un bleu flash tacheté de bleu marin quand il y avait des nuages. C'est vraiment un cratère immense (6h pour en faire le tour officiellement) et c'est plutôt impressionnant! On est revenus à la maison pour prendre un thé puis on est partis marcher un peu autour du cratère sur la crête. Comme on est à près de 4000 mètres d'altitude, les nuages ne sont pas très loin. En fait, ils étaient littéralement sur un des côtés de la crête, étant repoussés par les vents qui venaient de l'intérieur du cratère. Et l'humidité des nuages sentaient le pain d'épices!! Après un certain temps on a rebroussé chemin, jusqu'à ce qu'on soit bloqués par un chien jappant intensément après nous... On était dans une impasse car il se tenait entre deuxrochers et on ne pouvait pas utiliser un autre chemin sans tomber dans le volcan... On a donc pris une dizaine de roches, on s'est avancés puis j'en ai lancée une dans sa direction. L'effet fut instantané: il a déguerpi la queue entre les jambes et nous a regardé passer de loin en silence!

En attendant le souper qui était inclus dans la nuitée, on a mangé des bananes frites et des chips maison achetées chez le voisin puis on a avancé le blog avec un bon thé. C'était bien agréable car il y avait un poêle à bois pour réchauffer le salon! En effet, il faisait super froid!! À cette altitude et avec un vent glacial, ça nous rappelait drôlement les températures hivernales boliviennes, aussi étrange que ça puisse paraître quand on est si proches de l'équateur! Le souper était bien bon, puis on a encore écrit le blog avant d'aller se coucher tôt (il n'y a pas grand chose à faire!). Malheureusement, François avait eu la brillante idée de boire un café juste avant de dormir (chose qu'il ne fait habituellement jamais) donc il s'est levé environ 30 fois dans la nuit, me garantissant ainsi un sommeil des moins réparateurs...!

Malgré qu'on se soit déjà levés pour profiter du déjeuner, j'ai choisi de me re-coucher pendant que François avait comme plan (il est toujours aussi fou et optimiste) de descendre dans le cratère pour voir de près la lagune! Après l'avoir vu revenir complètement crevé, je suis plutôt contente de mes heures de sommeil de plus haha! Je vous raconte son périple: il y avait un beau sentier mais il y avait eu des éboulements alors il s'était complètement éffondré à plusieurs endroits alors il fallait parfois qu'il escalade des parois pour pouvoir passer... Sur le chemin, il a croisé des Coréennes plutôt nunuches (he ho, c'est son qualificatif, pas le mien) qui ont eu l'air de le trouver bien de leur goût (pfff, dès que je m'absente ça part courir les jupons) et ont pris plein de photos avec lui, gloussant en apprenant que sa blonde dormait en haut du volcan. En bas, il a croisé un autre Coréen (d'âge mûr) le complimentant sur le fait qu'il était "handsome" (vraiment, François pogne avec les asiatiques)! La vue était aussi bien jolie d'en bas paraît-il, mais ça donnait plus l'impression d'être un lac entouré de montagnes plutôt que d'une lagune à l'intérieur d'un cratère! Plutôt que de faire la remontée comme la plupart des gens à dos de mule, François a décidé de prendre un autre chemin, qui s'est avéré finalement plus à pic que l'autre et très ardu... Bref, c'est avec un François complètement mort qu'on a fait le check-out.

On est allés marcher un peu de l'autre côté de la crête, s'arrêtant longuement pour observer la vue. On a désespérément cherché un restaurant ouvert et avec un prix correct (impossible); on a fini par manger un sandwich dans le resto communautaire du village. En se renseignant sur comment aller à Zumbahua pour revenir à Latacunga, on s'est rendus compte que le prix qu'onavait eu en camionette à l'aller était dérisoire (probablement que le gars voulait juste avoir un petit montant de plus pour son trajet déjà plein): on nous demandait 5$ pour les deux plutôt que 50¢ chaque... Après de féroces négociations de la part de François, on est partis vers Latacunga. C'était comme si le bus nous y attendait et on est partis 10 minutes plus tard.

Arrivés à Latacunga, on a fait un court passage dans un supermarché qui vendait du lait périmé question de se sustenter durant notre trajet vers Quito. Et on en aurait besoin, c'était looooooong!! On est arrivés totalement écoeurés du bus dans un terminal flambant neuf digne du plus récent aéroport: la modernité de l'Équateur nous a décidément surpris! On s'est rendus super facilement au centre-ville grâce au système de trolleybus, qu'on allait finalement se mettre à détester pour tout notre séjour par son entêtement à être plein à craquer à toute heure du jour... On a visité un premier hôtel qu'on trouvait trop cher, donc on est partis en voir un autre deux rues plus loin. Rendus là, François s'est mis à vraiment mal filer et comme il ne restait que des places en dortoir ou en tente, on s'est dit que les intestins de François aimeraient mieux l'intimité d'une salle de bain privée donc on est retournés au précédent hôtel... Sans entrer dans les détails, la salle de bain privée a été rentabilisée...

Sur ces images bucoliques, bonne journée :)

mercredi 9 octobre 2013

Baños

Buenas tardes!

On vous avait laissés vers Ambato. En effet, pour se rendre à notre prochaine destination, Baños, on devait transiter par Riobamba ou Ambato. Ces deux villes étant connue pour être moches, on avait opté pour Ambato car on arriverait la journée du grand marché hebdomadaire! En plus, Ambato nous donnait une heure de sommeil de plus. Erreur. On est malgré tout arrivés à 4h  du matin... D'habitude, lorsqu'on magasine nos billets d'autobus, on demande toujours s'il y a un terminal dans la ville où on se rend, pour qu'on puisse y rester jusqu'au lever du jour. Il y avait un terminal à Ambato, mais on n'avait pas demandé si on allait nous y laisser haha! Bref, on s'est fait jeter hors du bus à 4h au beau milieu de nulle part sur un immense boulevard vide et glauque... Un Péruvien dans la même situation que nous nous a pris sous son aile pour nous aider à nous rendre au terminal. Un chauffeur de taxi vraiment gentil nous y a finalement conduit. J'ai pu y dormir pendant deux heures malgré la tv qui présentait avec un volume éhontément élevé un téléroman à l'eau de rose dans lequel se passaient beaucoup trop d'événements dramatiques...

Quand les bureaux ont commencé à ouvrir, on a pu chercher comment se rendre à Baños. Ça a été beaucoup plus compliqué que prévu: tous les employés étaient mélangés et nous envoyaient n'importe où! On a attendu un certain temps devant les bureaux de "Trans Baños" qui finalement n'allaient pas à Baños... pour finalement opter pour la seule compagnie qui nous avait donné une heure précise de départ. On y a laissés nos sacs avant de partir vers la ville pour aller voir le grand marché sur la place centrale. Le bus nous a laissés près d'une place où trônait une statue horrible qui nous a rappelé avec nostalgie l'architecture et l'urbanisme soviétique dans les Stans...!

Arrivés à la place centrale, on s'est vite rendu compte qu'il n'y avait pas de marché là! Donc, on est allés déjeuner dans un café mignon (on vous a parlé du jus de "mora"? C'est un mix entre une mûre et une framboise, c'est vraiment délicieux!) Se faisant confirmer par le serveur qu'il n'y avait pas de marché aujourd'hui (comment le guide a-t-il pu se tromper sur une information qui semble si facile à obtenir!?), on est partis visiter la cathédrale, complètement reconstruite dans un style moderne après un tremblement de terre et une des moins belles qu'on aie vues de notre vie... J'ai traîné François dans quelques boutiques pour faire du lèche-vitrine, ce qui nous a mis en contact avec nos premiers "a la orden"! C'est une expression qui ne trouve aucune signification en français ("à l'ordre"?) et à laquelle on ne sait jamais comment réagir. C'est utilisé pour dire "de rien" après un "merci" mais surtout pour attirer les gens sur ce que tu as à vendre. Exemple, tu entres dans un magasin, la vendeuse te crie du fond de la caisse "Hola señorita, a la orden", ou les vendeurs ambulants disent : "si hay papas con choclo, agua heladita,
a la orden", ou les serveurs prennent ta commande au resto avec ça... Bref, ça veut rien dire et c'est utilisé à toutes les sauces, un peu comme le "no más" en Bolivie!

On a continué notre (courte) visite d'Ambato avec un "sentier écologique" qui longeait une rivière un peu en retrait du centre. Ça a l'air bucolique tout ça mais, sans vouloir bitcher Ambato, c'était vraiment plutôt moche! C'était un peu glauque, on longeait coup sur coup des murs de béton et des maisons abandonnées, et on avait une vue imprenable sur l'architecture des plus ordinaires de la ville... Vous aurez compris qu'on n'a pas eu de coup de coeur pour cette ville! On est revenus vers le terminal pour acheter nos billets pour le bus 30 minutes plus tard (et se faire dire d'abord par un autre employé de l'entreprise qu'il n'y avait pas de bus... c'est à n'y rien comprendre!) On a attendu notre monture qui se faisait attendre puis on est partis pour un court trajet vers Baños (qui est malheureusement à l'opposé de la ville si bien nommée "Patate")... À Baños, on a eu droit à notre première grosse pluie du voyage! D'ailleurs, il a fait gris presque tout le long de notre séjour à Baños: il y a un immense volcan en activité tout près mais on n'a jamais pu le voir à cause des nuages... On s'est d'abord arrêtés à un premier hostel, mais trouvant que c'était cher pour la basse saison, François a couru pour voir l'hostel voisin, qu'on a finalement choisi!

On est allés dîner puis j'ai fait du lavage, devant une fenêtre qui donnait directement sur une structure soviétique affreuse à l'utilité non identifiée, comprenant des glissades en spirale de chaque côté... Malgré cette chose, Baños est joliment situé dans une vallée verdoyante. Outre marcher dans les environs, ses attractions sont les nombreux bains thermaux du coin et faire du vélo dans la vallée. Justement, question de bien partager les tâches, François est allé faire le tour des agences de location de vélo pour le lendemain pendant que je faisais le lavage.

On est allés souper dans un resto vraiment dégueu, et c'est là qu'on a vraiment commencé à être tannés de la nourriture des "almuerzos" et des "cenas" i.e. ce qu'on trouve dans les restos familiaux économiques... C'est toujours la même chose: poulet frit ou poulet au jus ou côtelette frite (composée à 85% de gras et d'os), avec du riz blanc, des frites et une tranche de tomate. En plus, en Équateur plus qu'ailleurs, ils ont la fâcheuse habitude de mettre dans les soupes des parties de la poule dont on aimerait mieux ne pas connaître l'existence (foie, pattes, tête, cou...)

Pour notre soirée, on est allés profiter des bains à deux pas de notre hostel, aux pieds d'une haute chute dans la montagne. La piscine la plus chaude (mais vraiment vraiment brûlante) était la plus populaire. Il y avait aussi des bassins et une piscine glacée, et une autre plutôt tiède. Dans cette dernière, on a revu le couple de Français qu'on avait pas aimés dans le bus de Huaraz... Par contre, on les a trouvés beaucoup plus sympathiques que la dernière fois et on a jasé longtemps avec eux en variant les piscines! Tout relaxés, on est revenus à l'hotel où j'ai dû laver nos maillots parce que l'eau thermale ultra-riche en minéraux (elle est de couleur rouge) les avait complètement tachés, à jamais...

Le lendemain, notre plan était d'aller faire du vélo, mais la pluie n'était pas de cet avis... On a donc passé une journée très relax à écrire le blog, faire des courriels et continuer le lavage... En après-midi, on est allés dans d'autres bains un peu à l'extérieur de la ville. Il y avait plus de piscines, moins de gens et le paysage était encore plus beau! J'ai parlé longtemps avec la dame du vestiaire et comme on m'avait déjà dit durant le voyage, elle m'a lancé: "donc tu parles 3 langues, tu dois être professeure!"

On est revenus en ville à pied, suivant les panneaux de "menace volcanique" nous menant à un pont au-dessus d'un ravin qui reccueillerait la lave en cas d'éruption... On est allés admirer le paysage sur ledit pont puis on a vagabondé dans des étals de confiseries locales près de la gare, se faisant donner au passage des morceaux de canne à sucre à suçoter.

On a parlé sur skype un bon moment avec Laurent (le frère de François) qui nous a prouvé qu'il n'avait pas lu le blog une seule fois en nous affirmant "comme ça vous êtes partis de l'Équateur et vous êtes rendus à Santiago!" en regardant la carte du blog haha!! Pour souper, on a décidé de varier notre alimentation en allant manger un shawarma. Ma dent sucrée nous a obligés à faire une visite dans une crèmerie, puis on a marché dans la ville au son du camion-poubelle-musical qui indique sa présence avec les meilleurs extraits de la lambada au synthétiseur! On a fait un arrêt pour aller voir l'intérieur de la cathédrale, parsemé de grandes peintures racontant diverses légendes du coin! Puis, on a passé la soirée à l'ordinateur à l'hostel...

Le lendemain, la température était plus clémente et on est partis en avant-midi faire du vélo! C'est un trajet majoritairement sur le plat ou en descente, sur lequel on croise plusieurs cascades. Malheureusement, on est sur la même route que les voitures, autobus, camions et autres mammouths de la sorte, qui ne font pas exprès pour ralentir à nos côtés... La route surplombe un canyon dans lequel coule une rivière. Comme on est dans une route sinueuse de montagne, il y a parfois de longs tunnels qui traversent un des versants de la montagne. Les vélos peuvent uniquement passer dans le premier (qui est quand même assez long et épeurant) puis pour les autres, on prend l'ancienne route. Ces bouts-là sont en fait les plus agréables parce qu'on est les seuls sur la route, on peut donc aller à la vitesse qu'on veut et s'arrêter pour prendre des photos du paysage! On a vu quelques cascades de l'autre côté de la vallée puis on s'est arrêtés pour traverser en "tarabita", une cabine suspendue par un fil de fer qui sert de transport public pour les habitants qui sont de l'autre côté. Ça va étonnament vite, et une centaine de mètres dans les airs, c'est un bon point de vue pour admirer la vallée. De l'autre bord, on a marché un peu à travers une végétation de jungle (bananiers, orangers, avocatiers...)! On a croisé trois Équatoriens qui nous ont donné des citrons fraîchement cueillis. Les Équatoriens (avec les Colombiens) sont les plus souriants et les plus avenants qu'on ait rencontrés dans ce voyage! On a continué notre route vers notre village final, où on a dîné en compagnie d'un chien qui ressemblait à s'y méprendre à un ours polaire. L'attraction principale de ce village, mis-à-part sa rivière avec une eau verdâtre, est le Pailon del diablo (le chaudron du diable), une immense chute. Après des sentiers en pleine jungle parsemés d'arbres en fleurs, on arrive à une chute au débit impressionnant! François riait bien de moi quand j'ai dit qu'elle ressemblait à la chute à Rawdon, mais je réitère mon impression haha! On a continué par des escaliers puis par un tunnel sous la montagne où il ne fallait vraiment pas être claustrophobe pour accepter d'y entrer... Rendus là, on pouvait aller dans un racoin derrière la chute mais disons qu'on n'y est pas resté longtemps et qu'on était bien mouillés! On est redescendus pour se diriger vers un pont pour avoir une vue sur la chute au complet, s'arrêtant au passage pour observer un très étrange oiseau de la même couleur que Youppi des Expos...! On est finalement revenus au village reprendre nos vélos vers Baños. Il y a des services de camionettes pour ramener les cyclistes (on nous avait aussi dit qu'on pouvait revenir en autobus public en mettant les vélos sur le toit, mais quand on a questionné les gens au village, ils nous ont dit que les autobus n'avaient pas de toit...). Bref, on attendait 2 autres cyclistes avant de partir et personne ne venait alors le conducteur nous a proposé qu'on se rejoigne au village suivant d'où il y aurait probablement plus de demande pour son service. En effet, deux Sud-Africains y étaient et on a pu discuter avec eux assis confortablement dans la benne du camion...

Dans notre écoeurantite du pollo al jugo, on avait spotté la pizzéria la moins chère du village et on comptait bien s'y régaler ce soir-là. Malheureusement, c'était fermé quand on y est allés alors on est retournés faire de l'ordi à l'hostal en espérant notre festin du soir. En y retournant vers 19h30, on a appris qu'il n'y avait pas de pizza avant 30 minutes, alors on a patienté en écrivant le blog devant un salchipapa (frites et saucisses hot-dog...). La pizza était loin d'être la meilleure et François a pu profiter d'un de mes trips de malbouffe en retournant une fois de plus prendre une crème glacée!

Le lendemain, on s'est levés tôt pour être sûrs de pouvoir être avant midi à Latacunga (un autre passage obligé vers une autre destination) parce que le guide disait qu'il n'y avait qu'un seul bus par jour vers Quilotoa, le village où on voulait aller. Finalement, c'était totalement faux car il y en avait à chaque heure mais bon...

Quilotoa pour la prochaine fois!

mercredi 2 octobre 2013

Cuenca

Cuenca

Arrivés à l'heure du souper à Cuenca, on a fui le bus où sévissait la dame aux aisselles putrides puis on a commencé par acheter nos billets de bus pour notre prochaine destination, Ambato, question de s'éviter de revenir à la gare un autre jour! Notre visite des compagnies de bus nous a permis de comprendre qu'en Equateur, il n'y avait que des bus normaux, c'est à dire avec des sièges uniquement réclinables... Heureusement, les distances en Équateur sont assez courtes ce qui fait qu'on ne fera pas beaucoup de trajets de nuit.... sauf vers Ambato!

Pour souper, on a opté pour un petit resto du terminal, où pour une fois les deux employées ont vraiment pris au sérieux notre question sur comment se rendre à l'hostel qu'on visait! Les autobus publics des villes équatoriennes sont les plus organisés qu'on ait vus à date (équivalent à Santiago)! Effectivement, il y a des lignes préétablies avec les destinations écrites sur le bus. Aussi, il n'y a que le chauffeur, pas d'assistant qui récolte l'argent puisqu'on le remet directement au chauffeur ou dans une machine. La classe!! Élément cocasse par contre: il est interdit aux chiens, aux vendeurs ambulants et... aux clowns (!?) de monter dans le bus! Et honnêtement, de façon générale, on a été étonnés par le "modernisme" de l'Équateur! On s'attendait à un pays moins développé que le Pérou, mais au contraire! À date, on aime aussi beaucoup la moins grande quantité de touristes (mais on est aussi rendus en basse saison alors je sais pas pour l'été) ce qui fait une ambiance générale plus agréable! En effet, les habitants semblent plus contents de voir des touristes et on trouve que les lieux qu'on visite sont plus authentiques.

Bref, malgré les informations détaillées des dames du resto, le passager du bus à qui on a demandé où descendre ne savait pas du tout! On s'est donc ramassés à marcher un bon 10 minutes jusqu'à l'hôtel, d'abord par un quartier plutôt glauque parce que vide, puis vers le quartier des bars beaucoup plus joli où se trouvait l'hostel. Malheureusement, il était plein, chose qui nous arrive très rarement!

Comme il faisait noir, on a choisi un autre hostel au hasard à côté, qui était correct. Par contre, on a compris pourquoi l'hostel qu'on voulait et qui était recommandé dans le guide était plein: un gros concert d'électronique avait lieu à quelques pas... Munis de nos bouchons d'oreille, on a pu dormir sans trop de mal.

Le lendemain fut très loin d'être notre meilleure journée du voyage... Par contre, ce sera très rapide de vous raconter: on s'est chicanés toute la journée! Hé oui...! La recherche de stage, ça fait des frictions...! On est sortis de la chambre un peu avant le souper, juste pour visiter un marché de fleurs, les rues avoisinantes de l'hostel et la place centrale! La place centrale est assez jolie, pleine d'arbres et de gens. La cathédrale est particulièrement belle, faite sur un modèle qui ressemble un peu à Notre-Dame de Paris, toute en marbre! Après un souper de shawarma, on a continué à parler dans la chambre avant de faire dodo.

Le lendemain, comme on avait fait la paix, on a pu bien profiter de Cuenca! On a commencé notre journée du bon pied dans un petit resto de déjeuner, très bien mais attirant une clientèle uniquement de gringos! Un point positif de l'Équateur c'est que plutôt que chaque repas vienne avec une boisson X (souvent de l'eau dans laquelle ils ont fait bouillir un fruit, sucrée), on a droit à de vrais jus de fruits pressés 100% naturel, et avec des saveurs aussi exotiques que mûres ou fruits de la passion! La dépendante aux fruits en moi en est très satisfaite! Puis, François, guide touristique dans l'âme, nous avait concocté un trajet nous faisant passer devant chaque beau monument de la ville. Cuenca nous a donné impression d'être en Europe! De jolies petites rues étroites, un style colonial, la petite rivière qui coule au milieu avec de vieilles maisons et des ponts en pierre... Vous aurez donc deviné que c'est particulièrement joli! On a donc marché toute la journée dans la ville, commençant par remonter la rivière sur la piste cyclable la longeant.

On est remontés vers la ville, pour marcher longtemps dans les vieilles rues, s'arrêtant manger une crème glacée à la place centrale (la crème glacée y était vraiment populaire, 3 personnes sur 4 en ont dans les rues, et c'est vraiment pas comme s'il faisait si chaud, au contraire). Hé oui, vous avez bien lu, on est rendus en Équateur et on a toujours pas chaud! On est encore dans les Andes et non sur la côte mais quand même!

On est redescendus vers la rivière, passant par un vieux pont brisé suite à une crue particulièrement forte. Puis, on est allés au Parque de la madre, un parc pour enfants doublé d'un anneau de course et d'exerciseurs publics, le seul lieu de la ville où il y avait âme qui vive! Hé oui, le dimanche, il n'y a personne dans les rues et tout est fermé partout, c'est assez incroyable! On a conclu notre visite de la ville puis, comme je ne m'étais toujours pas remis de mon intoxication alimentaire après 6 jours (la preuve, je n'avais plus d'appétit!), on est passés à l'hôtel pour que je commence des antibiotiques (qui ont très bien fonctionné!) Pour souper, on n'avait pas beaucoup de choix (dimanche oblige) alors on est allés dans un resto plus chic (4$ la table d'hôte tsé), c'était très bien! On a attendu l'heure de notre bus de nuit au café internet, avant de se rendre au terminal en taxi (pas de bus publics le soir, dimanche oblige). Bien contents de notre passage à Cuenca (c'est le genre de ville où on se verrait vivre!), on s'est dirigés vers le comptoir de notre compagnie du soir.

On est arrivés d'avance, et une chance parce qu'on a appris en arrivant que le bus avec lequel on devait partir avait eu un problème et qu'il n'y en aurait pas à l'heure prévue. La dame de l'agence nous a remboursé nos billets et on a choisi d'aller avec la compagnie qui partait 10 minutes plus tard. Par contre, on avait d'emblée choisi la compagnie la moins chère et bien sûr, notre compagnie n'a jamais voulu nous donner la différence pour les nouveaux billets même si c'était sa faute... Mais le pire c'est que comme on avait acheté nos places dans le prochain bus assez à la dernière minute, on s'est ramassés dans les derniers bancs du bus, ceux qui ne peuvent pas s'incliner parce que c'est complètement à l'arrière du bus!!! En plus, mon estomac encore fragile n'appréciait d'être à l'arrière et de sentir intensément toutes les bosses que prenait l'autobus...! Sans compter qu'on était juste à côté des toilettes, qui n'ont heureusement pas trop pué durant le trajet. Ah oui, et il y avait aussi un dude à mes pieds, qui dormait dans l'allée parce que la compagnie avait surbooké les sièges et que ce pauvre gars s'était retrouvé sans place... Complètement droguée au Gravol, j'ai fini par m'endormir, alors que François roupillait paisiblement et passait une de ses meilleures nuits de bus, allez savoir pourquoi! (François : je ne m'explique toujours pas pourquoi j'ai si bien dormi dans ce trajet-là!!)

Prochain arrêt : Ambato et Baños!

mardi 1 octobre 2013

Vilcabamba

Salut, c'est Mémé!

Loja, une ville plutôt moche, nous attendait à... 4h45 du matin...! Le terminal de cette petite localité équatorienne n'était pas très différent de ceux en Bolivie ou au Pérou, sauf que, chose absolument magnifique, les employés des compagnies de bus ne hurlent pas leurs destinations à tout le monde dans la gare! On s'est pris un chocolat chaud pour se réchauffer et passer le temps jusqu'à ce qu'il fasse clair et qu'on parte pour Vilcabamba, un petit village à 1h de Loja. Il paraît que le paysage était très beau, mais je n'en ai rien su car j'ai dormi tout le long... Vilcabamba est un joli petit village situé dans une vallée verdoyante des Andes! La température est très bien toute l'année, la végétation luxuriante et l'ambiance bien agréable, ce qui fait que le village compte une proportion assez incroyable d'expatriés gringos qui sont venus s'y établir. Vu que c'est hyper relax et plein d'étrangers, on y trouve une atmosphère vaguement nouvel âge, avec genre des pubs pour des "cures de renaissance" ou des gens qui jouent de la cithare sur la place! On a visité l'église puis attendu un peu sur la superbe place centrale que l'heure soit plus respectable pour chercher un hôtel sans réveiller les propriétaires. On avait spotté dans le guide un lodge écologique (le Rumi Wilco Eco Lodge) qui semblait très bien. Situé un peu plus loin dans la vallée, il fallait s'y rendre via de sentiers bordés de fleurs multicolores, puis traverser un pont. Bref, on était pas mal en retrait, dans un coin vraiment tranquille et verdoyant de la vallée. Je dirais même que c'était une végétation de jungle: palmiers, bambous, serpents, plantes sauvages partout partout, une rivière... (En fait, selon le Lonely Planet, il s'agirait d'une "jungle sèche", un environnement assez unique au sud de l'Équateur, où, en plus de la végétation sèche andine d'eucalyptus, de cactus et d'aloès, on retrouve aussi des espèces pas mal plus tropicales comme le bambou, le kapok, les palmiers et les bananiers!) Et étonnamment, il n'y a aucun moustique!! À l'entrée du site, on a rencontré une Japonaise qui avait été coiffeuse à Montréal, qui avait prévu rester 2 jours au lodge mais qui était finalement restée 2 semaines! On a marché vers la réception, qui est la maison des deux propriétaires, deux Argentins botanistes qui ont travaillé longtemps aux Galapagos et sont tombés amoureux de Vilcabamba. On avait le choix de rester dans un bungalow sur pilotis, avec la cuisine à l'intérieur, tout fait de bois et avec des hamacs à l'extérieur dans un coin plus éloigné du site, ou sinon dans des cabanes moins belles à l'entrée... Vu ma description, vous aurez compris qu'on a opté pour la première option, même si c'était plus cher... Dans notre cabane sur pilotis, on avait l'impression d'être au chalet! On s'est dit qu'on allait profiter de notre belle cabane en se cuisinant un bon souper, avec bouteille de vin pis toute, puis qu'on allait se faire un feu de camp dans l'espace prévu un peu plus loin dans la forêt! On est donc repartis vers Vilcabamba pour acheter des provisions et dîner dans un petit resto très bien. L'une de nos voisines de table faisait par contre clairement une dépression, lorsqu'elle disait à un autre Gringo qu'elle n'en pouvait plus de Vilcabamba mais qu'elle n'avait pas la force de partir et que tout lui paraissait une montagne... Durant nos emplettes, on s'est aussi fait donner un biscuit par la boulangerie du village et on a pu déguster différents vins et liqueurs produites localement. 

Au retour, on a fait une sieste dans les hamacs! Puis, division des sexes oblige, j'ai préparé une bonne petite sauce spaghetti pendant que François faisait son homme des bois en préparant le feu! Malheureusement, le vin (ok, on l'avoue, c'était le moins cher qu'il y avait, mais pour ce prix-là au Chili on a quelque chose de très bien!) était franchement vraiment mais vraiment dégueulasse... On a continué notre festin avec des saucisses grillées sur le feu de camp, ce fut bien agréable et ça nous rappelait nos soirées d'été dans les Laurentides! La Japonaise et un Français nouvellement arrivé sont passés près de nous parce qu'ils allaient visiter un chaman(!) avec qui la Japonaise s'était liée d'amitié, et on a jasé un bon moment avec eux près du feu. Tout le long de la soirée, il y avait des explosions mystérieuses qu'on entendait au loin, on pensait que c'était des coups de feu... Mais finalement, la Japonaise nous a dit que c'était normal, qu'il y avait une fête religieuse toute la semaine avec de la musique et des pétards... On ne s'habitue décidément pas au bruit des pétards! Vers la fin du feu, je commence à avoir mal au coeur. Le premier accusé est le vin nauséabond... mais le vrai coupable est probablement le poisson "qui goûte bizarre" mangé à la gare de Sullana... Bref, j'ai été malade comme jamais toute la nuit... Disons que le fait de devoir descendre au premier étage (où étaient les toilettes) à 15 reprises à la noirceur a fini par m'enlever ma peur de tomber sur un serpent! À date dans nos voyages, je ne vomis qu'une seule fois: on espère que la tendance sera la même lors de ce voyage-ci! 

Le lendemain, comme on avait tous deux pas passé une bonne nuit, on s'est levés plutôt tard... Probablement avec 10 livres en moins, je n'avais pas la force de revenir à Loja comme prévu, alors on a décidé de rester une nuit de plus, ce qui en soit n'était pas déplaisant vu l'endroit où on était! Mon estomac n'étant toujours pas rétabli, ma journée fut une alternance de toilettes-dodo... Conseil: si jamais (et surtout en voyage) vous mangez un poisson qui "goûte bizarre", c'est probablement parce qu'il n'est pas bon! François de son côté a passé une journée assez reposante. Après avoir lu sur un hamac, il est parti faire les sentiers près du lodge. En effet, le lodge est situé sur un "parc protégé" (4 voisins se sont mis ensemble pour le créer) et ils y ont fait des sentiers d'interprétation un peu partout. François a donc marché un bon 3h, dont jusqu'en haut d'une montagne, d'où la vue sur la vallée était paraît-il magnifique! Puis, il est allé au village chercher des ingrédients pour faire le souper. Malgré le réconfortant Kraft Dinner qu'on traînait depuis le début du voyage (et que le souper était ma seule activité de la journée), je n'ai pas vraiment pu manger... Il n'y a rien que je déteste le plus que le manque d'appétit. Malheureusement pour moi, j'allais devoir l'endurer pour encore plusieurs jours le temps que je me remette de mon gentil micro-organisme... Complètement crevée de l'effort de m'être levée pour souper, je me suis endormie pendant que François vivait son rêve inassouvi d'être ermite en écrivant le blog à la lueur de la chandelle...! 

Le lendemain, on a attendu un peu de voir si j'allais mieux, puis on a encore opté pour rester une journée de plus pour que je dorme encore... Aussi, on s'est dit qu'on partirait tôt le lendemain matin, plutôt que de devoir dormir à Loja le soir-même vu qu'on avait plusieurs heures de bus vers notre prochaine destination. En après-midi, François est parti au village faire des courriels et autres paperasseries administratives pour son stage en janvier. Mis-à-part une grande discussion sur ledit stage, la soirée a été bien tranquille! François nous a cuisiné des mini-pizzas au brocoli avec parmesan, mais il s'est trompé et au lieu d'acheter de la sauce tomate, il a acheté un sachet de ketchup! (François : c'était pas évident comme différence sur le sachet, bon!) Ce n'était malgré tout pas si mauvais haha!

Le matin suivant, je me sentais beaucoup mieux alors on a fait nos sacs puis on est partis vers le village. On a donc quitté notre cabane et on a salué au passage la Japonaise et le Français! Au restaurant du midi, on s'est rendu compte qu'on n'avait plus d'argent alors je suis partie au guichet un coin de rue plus loin. Un itinérant assez bizarre n'a pas arrêté de me suivre tout le long alors j'ai décidé que j'y retournerais plus tard... D'habitude, on aime mieux être les 2 ensemble lorsqu'on sort de l'argent, mais là François ne pouvait pas partir du restaurant sinon ils auraient cru qu'on n'allait pas payer. Donc j'y suis retournée et j'ai dû braver l'itinérant qui là non plus n'a pas arrêté de me suivre... Lorsque j'ai pu retirer l'argent, il m'a agrippé le bras mais j'ai pu m'en aller sans trop de difficultés... 

Lors de notre trajet de retour vers Loja (via un bus qui fait la run de lait pour déposer tous les enfants du village chez eux après l'école), on a été arrêtés dans un embouteillage. On s'est vite rendus compte que c'était un grave accident entre un taxi (qui sont des pick-ups ici) et une petite auto... Il y a eu au moins un mort et plusieurs blessés, la croix rouge, la police et les pompiers étaient sur place, c'était assez intense... À chaque fois qu'on voit des accidents on se dit qu'on est chanceux de ne pas encore en avoir eu, du moins pas un grave. Un autre autobus de la même compagnie était pris de l'autre côté, alors les passagers de chaque bus ont échangé pour pouvoir continuer leur chemin de l'autre côté. Bien sûr, le nouvel assistant a voulu nous faire re-payer le passage, alors on a argumenté qu'on avait déjà payé le plein prix de l'autre côté, il nous a donc laissé passer... Du terminal de Loja, on a pris le prochain bus vers Cuenca, la troisième plus grosse ville d'Équateur. Quand on fait des trajets de jour, on finit toujours par se dire que c'est plus épuisant que de faire des trajets de nuit, même si on y dort mal et peu. Malheureusement, les distances sont plutôt courtes en Équateur, alors on va surtout faire des bus de jour... En plus, la dame en avant de François avait sérieusement oublié sa dose matinale d'antisudorifique, c'était franchement dégoûtant! À chaque fois qu'elle levait les bras (et ça arrivait relativement souvent), on manquait mourir tellement l'odeur levait le coeur!

On vous laisse sur cette fin odorante! À bientôt!

lundi 30 septembre 2013

Mancora: surf, sand et vendeurs ambulants


Salut! C'est François qui écrit! Donc, on est arrivés à 5h45 du matin à Mancora. Débarqués sans trop savoir où on était (merci Lonely Planet de ne pas inclure de carte de la ville), on s'est cependant vite rendus compte qu'on était dans un endroit touristique... En effet, dès qu'on a posé un pied sur la rue, on a été gossés sans arrêt par les chauffeurs de mototaxi et par une vieille dame édentée et visiblement aux prises avec des problèmes de santé mentale qui voulait nous vendre de la chicha dans des vieilles bouteilles de boisson gazeuse... Bref, on a fini par déjeuner en repoussant les chauffeurs achalants sans bon sens, puis on s'est mis à marcher vers l'attraction principale de Mancora: la plage!

On a toutefois tourné une rue trop tôt pour la plage et on a abouti vraiment loin des installations touristiques, dans des rues un peu ghetto. En demandant notre chemin à quelqu'un, il nous a dit d'aller vers la plage à notre gauche et non vers celle "de l'Amor" (de l'amour) située à  droite et considérée dangereuse... Notre cerveau endormi a cependant traduit le nom de la plage par "de la mort", ce qui nous semblait bien logique comme nom pour une plage dangereuse!

On s'est lentement approché du coin touristique et on a commencé à magasiner les prix avant de se dire que tout était vraiment cher pour ce que c'était! Dans l'hostel le plus dégueu (bien que le moins cher, naturellement), on a retrouvé les Allemands en camping-car qui y avaient garé leur véhicule! On ne les a pas encore revus à date mais au nombre de fois où on les a croisés, ce  serait surprenant qu'on ne les retrouve pas encore bientôt! Les Allemands nous ayant conseillé de ne pas dormir dans le centre touristique de la ville puisque le soir, tout se transformait en discothèque à ciel ouvert, on s'en est éloignés un peu pour finalement trouver un hôtel trop bien avec une proprio adorable! Bon, c'était un peu plus cher que d'habitude, mais c'était pour nos 6 ans!

On se souvient qu'on ne s'était pas lavés depuis Huaraz... et que tout notre linge était sale. Notre premier geste à l'hôtel fut donc une grande opération lavage, dont s'est chargée Mémé pendant que je tentais de planifier notre passage vers l'Équateur... C'est que c'est un peu compliqué: on peut passer par 3 routes pour traverser la zone frontalière Pérou-Équateur. L'affaire, c'est que la route principale (la Panaméricaine) est aussi connue comme étant le passage frontalier le plus dangereux d'Amérique du Sud (quoique surtout la nuit, à ce qu'on a compris, et si on le fait via une compagnie directe ce n'est pas trop pire), et que le 3e est vraiment trop éloigné dans la jungle. Restait le 2e, mais ça impliquait de revenir sur nos pas pour changer de bus dans une ville intermédiaire...

Après avoir pensé à tout ça et avoir fait sécher le lavage, on a été dîner dans un bon resto mais plus cher que d'habitude (Mancora = touristes = overpriced), avec d'excellentes pâtes à la sauce huancaina. Ensuite, on a vraiment pu commencer à faire ce pourquoi on était venus à Mancora: profiter de la plage! Mancora, en fait, ce n'est qu'un tout petit village qui s'étend sur une minuscule partie de la longue plage de sable fin qui forme une bonne part du  nord du Pérou... C'est un endroit magnifique, et plus on s'éloigne du centre touristique, plus ça devient calme et paradisiaque!

Sur la plage, on a fait nos patates sur le sable, mais comme il y avait quand même beaucoup de vent, on a rapidement été ensablés! On a aussi été dérangés par des vendeurs ambulants de lunettes et de bouffe (malgré les panneaux à l'entrée de la plage qui interdisait la vente de nourriture et de boisson sur la plage) et également par des backpackers cassés qui vendent des bracelets et autres breloques. Ça a d'ailleurs donné l'échange cocasse suivant:

- Backpacker cassé tout sourire qui nous joue la carte du gars-sympa-qui-veut-juste-jaser-avec-nous-et-nous-montrer-ses-talents-au-deedjeridoo-mais-tsé-si-tu-veux-tu-peux-m'aider- je-vends-des-bracelets-en-macramé-que-je-fais-moi-même-avec-du-tissu-recyclé-c'est-juste-3-soles-chacun, bref tout pour qu'on se sente mal de ne pas éventuellement lui acheter les gogosses qu'il a à vendre : "Hola como estan chicos?" ("Salut comment ça va les amis?")
- Mémé, qui voit tout venir et qui n'a vraiment pas envie de jouer à ce jeu-là: " Bien, pero no gracias!" ("Bien, mais non merci!")
- Backpacker cassé décontenancé par la réponse sans appel de Mémé et qui dans sa déception-frustration manie l'ironie comme d'autres manient l'épée : "Euh... Ok. Muy buena onda chicos!" ("Euh... Ok. Vous êtes vraiment sympathiques vous!")
S'en suivit une conversation entre Mémé et moi sur l'importance d'être gentil et aimable avec les vendeurs ambulants, même quand on se fait gosser sans cesse pour tout depuis des mois! (Mémé: bon, j'ai l'air d'un monstre...!! Mais vous comprendriez ma frustration à force de dire "no gracias" environ 35 fois par heure...!)

De retour à l'hôtel, on a pris la douche qu'on espérait depuis Huaraz puis on est sortis aller souper pour nos 6 ans dans un resto de cuisine sud-asiatique où on a mangé de très bons currys (on vous en parle d'ici, en Équateur où la bouffe est répétitive, et on rêve à une cuisine aussi bonne et variée!)

Le lendemain fut aussi bien relax... Après une bonne grasse matinée, on a fini de faire le lavage, puis on s'est lancés dans les courriels et autres paperasseries question de rentabiliser notre accès Wifi! On est ensuite partis dîner-déjeûner dans une petite place sur la Panamericana. La Panaméricaine, c'est un peu comme la Transcanadienne: c'est la route principale qui relie toute l'Amérique du Sud. N'allez pas croire malgré tout que c'est une autoroute: si c'est parfois vrai près des capitales (genre à Lima ou à Santiago), plus souvent qu'autrement c'est une route à 2 voies large comme nos routes de campagnes secondaires... avec un peu plus de circulation lourde (autobus et camions) mais en même temps pas tant que ça...

Après, on a été faire une longue marche sur la magnifique plage non touristique du sud de Mancora! À certains endroits, on passe devant des resorts privés qui semblent extraordinaires! Outre de riches gringos en vacances en famille dans l'un de ces clubs pour bien nantis, on a aussi croisé 2 imposantes carcasses de lions de mer (l'odeur!) plus une pointe de rocher pleine de crabes immenses!

En revenant, on a regardé les oiseaux plonger pour attraper des poissons avant d'aller nous-mêmes en manger dans une petite place de cena. On s'est aussi décidés sur la manière de traverser la frontière en achetant des billets pour Loja (Équateur) en passant par le 2e poste frontière dont je vous ai parlé plus tôt!

Après s'être levés pas trop tard le jour suivant, on a traîné un peu sur la plage (vous vous rendez compte qu'il n'y a que ça à faire ici, ça et du surf) puis on a été dîner. Le chat du resto ne cessait d'épier tous nos mouvements depuis la 3e chaise de la table pour nous voler notre bouffe, et on a aussi été témoin d'une bataille entre 2 itinérants sur la rue. C'était plutôt bizarre, mais que veux-tu...

On a contre-vérifié que tout était correct avec nos billets de bus pour Loja le soir-même (première leçon de voyage: toujours être un peu parano, ça évite de se faire dire qu'au final la dame de l'agence n'ait pas réservé les billets bien qu'elle ait dit qu'elle le ferait la veille, et qu'on se retrouve sans place dans le bus... comme ça s'était passé à Potosi). Ensuite, on a été faire changer l'essentiel de nos sols péruviens pour des dollars américains, la monnaie officielle de l'Équateur (oui oui!)

Après ces tracasseries administratives, on est retournés à la plage pour se baigner et pour profiter des grosses vagues! Le seul problème, c'est qu'il n'y a pas seulement du sable dans cette plage-là: dans l'eau, il y a aussi de grosses roches dans le fond qui scratchent les pieds! On s'est ensuite douchés (j'ai brillamment échappé notre savon dans le sable, nous garantissant des jours d'exfoliation forcée, bravo François), puis on a quitté notre petit coin de paradis pour se rendre avec nos sacs attendre le bus qui nous amenait à la ville de Sullana où on devait changer pour prendre le bus vers Loja.  Le trajet vers Sullana fut sans histoire, à travers le paysage étrangement joli de collines désertiques et d'arbrisseaux déssechés qui caractérise le nord du Pérou, le tout étant moins joli dû à la présence de nombreux puits de gaz...

Une fois à Sullana, la première chose qu'on s'est fait dire fut: "Ne sortez pas du terminal, c'est dangereux!" Comme tout le monde à Mancora nous disait ça aussi, on s'est dit qu'on allait écouter... Ensuite, il y a eu le moment de l'incompréhension totale du discours de la madame de la compagnie de bus vers l'Équateur sur combien il fallait payer en frais... Elle était super attentionnée mais elle parlait beaucoup trop vite et tentait de nous expliquer quelque chose de très compliqué sur le fait qu'il fallait qu'on paye un sol pour quelqu'un qui s'occuperait de nos bagages... En tout cas, au bout d'un très long moment on s'est donc rendus compte qu'il y aurait ce frais supplémentaire de 1 sol... C'était gentil à elle d'expliquer pourquoi, mais ça a été tellement pénible pour tout le monde de se comprendre!

Puisqu'on était prisonniers du terminal tel Tom Hanks, on n'a pas eu le choix d'y souper. Mémé a trouvé que son poisson avait un goût bizarre mais elle s'est dit que "c'était peut-être un type de poisson que je n'avais jamais goûté"... Ce poisson aurait un impact dramatique sur la suite!! (pas tant que ça mais bon, c'est pour vous garder en suspens jusqu'au prochain post!)

On s'est gorgés ensuite de culture péruvienne en écoutant le téléroman "Mon Amour le Wachiman 2" à la télévision... Ne nous demandez pas ce qu'est un Wachiman: on n'en a aucune idée! On a dépensé nos derniers sols en bonbons et gommes, on a aperçu avec joie et nostalgie l'autobus de la compagnie "Erick le Rouge" et on est enfin embarqués avec l'entreprise Loja International, qui s'est révélée plutôt bien pour un bus à un seul étage.

Le passage de la frontière péruvienne, vers minuit, s'est fait sans encombres. Alors que chez nous il est parfois difficile de se faire servir en français à Ottawa, dans ce poste secondaire perdu dans la campagne, le douanier péruvien parlait français! On a patienté ensuite un bon moment parce qu'il y avait une madame qui semblait décidément avoir des problèmes avec la grosse poche de riz qu'elle importait en Équateur... de l'autre côté du pont international qu'on a traversé à pied, les douaniers équatoriens ont étampé bien vite nos passeports avant de nous dire que tout était correct. Le tout faisait bien plus sérieux que la frontière Bolivie-Pérou au lac Titicaca!

Ainsi se termine notre épopée au Pérou! On vous jase de l'Équateur très bientôt!

samedi 28 septembre 2013

Trujillo

Re-bonjour!

Plutôt que le 6-7h promis, Trujillo nous attendait à 4h du matin...  Donc, comme à chaque fois, on a attendu dans le terminal de bus, et j'ai pu dormir un peu pendant que Franco planifiait notre excursion d'une journée à Trujillo. En effet, malgré le fait que ce soit une belle ville, il n'y a pas tant de choses à faire, alors on avait fait le pari de la visiter en une journée pour repartir le soir même vers Mancora. Aussi, il paraît que les hôtels sont chers (d'ailleurs, des touristes nous ont proposé de les accompagner en taxi pour se rendre dans un village voisin moins cher. On ne comprend pas trop la logique de payer 5 fois plus cher qu'un bus public pour y aller en taxi alors que leur but était d'économiser, mais bon, chacun ses choix).

Franco est parti à la recherche de pain pour qu'on déjeune puis s'est lié d'amitié avec un chauffeur de bus et avec un gardien de sécurité polyglotte. Ces deux-là nous ont été d'une grande aide pour nous indiquer comment se rendre au centre-ville en bus public, alors qu'un autre chauffeur nous avait dit que le seul moyen était d'y aller en taxi et oh surprise, il était aussi lui-même chauffeur de taxi! En réalité, on voulait se rendre au terminal d'une autre compagnie de bus (il n'y a aucun terminal central à Trujillo) pour acheter nos billets du soir. Là pour une fois on a décidé de ne pas magasiner nos billets de bus parce que ça aurait été trop compliqué de faire plein de terminaux différents éparpillés partout dans la ville! En nous voyant partir de son terminal, le chauffeur du bus/chauffeur de taxi s'est rué vers nous pour nous dire que c'était impossible de se rendre en bus et que ça allait nous coûter aussi cher d'y aller en bus que d'y aller avec lui. Ce fut un moment assez cocasse parce que le gardien de sécurité était derrière lui et faisait des signes de tête voulant dire "non, ce n'est pas vrai, allez-y en bus" haha! On s'est rendus très facilement dans un bus public qui était vraiment trop classe pour un bus de ville et on a laissé pour la journée nos backpacks à la compagnie El Dorado dans leur terminal situé dans un quartier industriel un peu glauque, sans être trop confiants de si on allait les retrouver le soir... On a demandé comment se rendre au centre-ville:
- Est-ce qu'on peut marcher jusqu'à la place centrale d'ici?
- Avez-vous des objets de valeur avec vous?
- Euh non......
- Alors oui, c'est à 15 minutes à pied!
- Et c'est sécuritaire?
- Oui, pourquoi ce le serait pas?

Pas très rassurés par sa question sur les objets de valeur, on a marché vers le centre, s'arrêtant prendre un grand verre de jus d'orange fraîchement pressé à un stand au coin de la rue. Le centre-ville de Trujillo est bien joli, avec ses vieilles maisons coloniales peintes de couleurs pastel. Il y a une rue piétonne bien jolie qui mène sur la place centrale un peu dénudée mais immaculée. Arrêtés sur ladite place pour se mettre de la crème solaire, un employé de la municipalité nous a abordé pour nous donner une carte de la ville et nous indiquer comment se rendre aux attractions en transport en commun.  Il était beaucoup trop motivé et est revenu plus tard pour nous donner un papier où il avait résumé ce qu'il nous avait dit pour qu'on s'en souvienne bien! Il nous a aussi invité à nous faire entrer dans la mairie pour qu'on la visite. C'est un grand bâtiment colonial et pour se rendre au balcon d'où on a une superbe vue sur la place centrale, il fallait traverser une salle de réception/salle du conseil, où plein d'écoliers attendaient on-ne-sait-quoi et étaient fascinés par notre présence.

La carte du gars contenait une liste de musées et de maisons coloniales qu'on pouvait visiter gratuitement. On s'est donc planifié un parcours pour les visiter, en passant par les églises de la ville. On a commencé par un musée sur l'un de ceux qui a écrit la constitution péruvienne. Sa maison étant maintenant occupée par une banque, les formalités de sécurité étaient beaucoup trop intenses (on s'est enregistré, on a montré nos passeports et un gardien nous a suivi tout le long). Après on a visité la cathédrale, puis à la sortie, un groupe d'étudiants nous aborde pour nous demander de les aider dans un travail pour leur cours d'anglais: ils allaient nous filmer alors qu'on leur demandait des questions du genre "I have a recycling company: how can I prevent fire hazards in my company",  haha décidément on nous aime au Pérou!

On a continué à visiter la ville, et plusieurs habitants nous abordaient pour nous dire "siempre con cuidado" ("faites toujours attention") parce que Trujillo a une mauvaise réputation pour les vols. Dans le musée de la Casa de la Independencia, on s'est fait avoir par l'arnaque du "faux-ami", où quelqu'un qui ne semble pas impliqué dans le musée nous aborde et nous raconte des détails sur le musée et son contenu. Tu le trouves gentil alors tu l'écoutes et finalement à la fin il te demande de payer parce qu'il t'a fait visiter une partie du musée... On est repartis avec un goût amer mettons... On a dîné dans un resto meilleur que d'habitude, où ils nous proposaient un apéritif et un dessert en plus!

Une des attractions de Trujillo est Chan Chan, les ruines d'une ancienne ville du peuple Chimu (avant les Incas). Alors qu'on avait compris que le bus nous menait à la porte, il nous a laissés au milieu de nulle part dans le désert... Il y avait bien un panneau pour l'entrée du site mais on ne voit pas du tout les ruines ni aucun signe de vie le long de la route censée y mener...  On a repoussé l'offre d'un chauffeur de taxi de nous amener aux ruines ("vous ne pouvez pas marcher, c'est à 2km"!), mais on l'a regretté un peu au fur et à mesure qu'on s'avance sur la route déserte, bordée par des  petits fossés et des parois rocheuses où quelqu'un de mal intentionné pourrait se cacher pour nous détrousser... Finalement, on s'est rendus compte qu'on avait eu tort de s'inquiéter quand on a vu au tournant le site (vraiment pas à 2 km...) et des gens qui marchaient aussi sur la route! La ville de Chan Chan devait être immense, mais on n'y retrouve maintenant que quelques murs de terre de temps en temps. Ils ont entrepris la reconstruction d'un des temples et c'est seulement lui qu'on peut visiter. C'est vraiment impressionnant (et ça ne ressemble pas du tout à Machu Picchu) , tout est en terre et les murs sont très bien décorés, des animaux et des formes géométriques y étant sculptés. On arrive d'abord dans une grande place où quelqu'un nous attend déguisé en indien Chimu... J'ai fait office de guide tout le long de la visite grâce aux explications contenues dans le Lonely Planet. La visite finit sur un espèce de lac qui servait à l'époque de réservoir d'eau (on est au milieu du désert). Bien intéressant!

Avant de revenir à Trujillo, on a voulu aller voir la ville d'à côté, Huanchaco. Elle est située sur le bord de la mer, alors on a marché longtemps sur la plage de galet. À un certain moment on a trouvé un oursin qui était encore vivant. J'ai donc voulu lui sauver la vie en le remettant dans l'eau, juchée sur une grosse pierre. Malheureusement, une immense vague est arrivée au même moment et j'ai eu les souliers complètement trempés! Ça m'apprendra à vouloir sauver un oursin! On s'est assis sur la plage le temps que mes pieds sèchent un peu et on a assisté au coucher de soleil. Ici aussi on s'est fait aborder par 2 jeunes filles qui voulaient nous poser des questions en anglais pour un travail d'école... Décidément!

On est partis à la recherche d'un souper, mais tout était hors de prix sur le bord de l'eau alors on est revenus à Trujillo, où on a mangé dans un chifa au son du téléjournal en mandarin! Le chauffeur de taxi vers le terminal  d'El Dorado (vu qu'on se rappelle que le voisinage était glauque) était super gentil. Quant à El Dorado, on est pas tombés sur la compagnie la plus organisée mettons. Le bus partait officiellement à 9h et François n'a pas pu faire enregistrer nos bagages avant 9h05. L'autobus est arrivé à 9h30 et on est partis  à 9h45. Rendus dehors, on s'est aperçus que la soute était pleine et qu'il restait encore beaucoup de sacs (dont les nôtres) à faire entrer! Les employés avaient l'air un peu perplexes, puis finalement ils ont mis ce qui restait dans la cabine du chauffeur...!

On vous parle de Mancora et des plages du nord du Pérou dans notre prochain billet!   

vendredi 27 septembre 2013

Huaraz

Malheureusement pour vous, c'est rendu MP qui écrit, vous ne profiterez pas de la plume de François! Bon, je commence! Nous sommes arrivés à Huaraz à 6h du matin (une grande réussite!) là où nous attendaient évidemment plusieurs touts qui voulaient nous attirer dans leur hôtel. L'avant-veille (donc le 8 septembre), ça a fait 6 ans que j'endure François! Il fallait donc fêter ça, ce qu'on n'avait pas fait à Lima! Bref, on s'était dit qu'on allait essayer de profiter du début de la basse saison pour aller dans un bel hôtel! Malheureusement, les prix n'avaient pas baissé et on n'aimait pas assez l'hôtel pour y rester à plein prix. À la place, on a trouvé un autre hostel assez joli et on a commencé notre séjour à Huaraz par une longue sieste pour se remettre de nos émotions avec Érick le rouge. Après, comme l'hostel avait une belle cuisine, on a décidé de varier nos habitudes culinaires en se cuisinant un bon brunch!

Huaraz est une petite ville où il n'y a rien à faire en soi... Par contre, sa situation géographique attire de nombreux touristes avides de jolis paysages! Question d'organiser nos sorties hors de la ville, on est passés voir l'information touristique péruvienne, toujours aussi efficace! Finalement, on a choisi d'acheter un tour avec une agence pour aller voir deux lagunes le lendemain, et d'aller visiter les petits villages de la vallée par nous-mêmes le jour suivant. Avec nos billets de bus pour notre prochaine destination en poche, on est allés souper dans un petit resto familial près de l'hostel, puis on a fait un gros dodo.

En effet, le lendemain on avait rendez-vous à 6h avec l'autobus de l'agence. Nous et tous les autres touristes du bus (dont 2 Danois bien sympas) avons dormi jusqu'à ce qu'on arrive à une route de terre, dans un état qui nous empêchait tous de même considérer fermer l'oeil...! Après un certain temps, nous sommes arrivés à la laguna Llanganuco, au son des "oh" et des "ah" de tous les passagers devant sa couleur bleue turquoise. Mais sérieusement, un vrai de vrai turquoise vif! C'était vraiment beau, bordée de hautes montagnes abruptes.

Pour se rendre à la deuxième lagune, la lagune 69 (il y aurait tellement de lagunes dans le coin qu'ils n'avaient pas assez d'idées pour toutes leur donner un nom alors ils ont préféré donner des numéros), il fallait se rendre un peu plus loin puis marcher pendant 3h. L'agence en avait parlé comme un trek facile et le chauffeur nous a dit qu'il nous attendait pour dans 6h parce que ça nous donnait "amplement le temps", bref on s'attendait tous à quelque chose de pas trop pire. Erreur. Après nous avoir donné de faux-espoirs avec une section sur le plat, une montée très abrupte a commencé et le 4200-4800m d'altitude nous faisait paraître comme des gens très peu en forme... Le paysage était magnifique: on pouvait voir très facilement des pics de montagnes enneigés et des glaciers quelques mètres au-dessus de nous! En effet, le Pérou dispose de 80% des glaciers tropicaux du monde. Il y avait aussi des petites cascades et une chute vertigineuse qui sortait d'un glacier.

Arrivés à un plateau verdoyant pris d'assaut par un troupeau de vaches, tout le monde s'est arrêté pour une pause-collation. On a sympathisé avec 2 Françaises puis on est repartis vers la lagune, en étant tous complètement déprimés à la vue de la fin du sentier qui montait d'une traite... Après avoir atteint mon seuil de tolérabilité à l'effort physique, on est arrivés à la magnifique lagune 69. La peintre en moi décrirait sa couleur comme un bleu azur, électrique! C'était vraiment impressionnant avec les glaciers juste à côté, d'où sortaient des chutes d'eau! J'ai eu un gros coup de fatigue et je me suis endormie devant la lagune pendant que François s'est rendu de l'autre côté du lac pour voir la chute de plus près. Au retour de François, j'avais sérieusement mal au coeur et François avait un féroce mal de tête (je crois bien qu'on a perdu notre acclimatation depuis la Bolivie...) donc on est redescendus rapidement. Rendus au plateau avec les vaches, on a retrouvé un Israélien qui ne supportait pas l'altitude et on a dîné avec des tortillas, de la pâte de tomate et du thon, repas qualifié de "haute cuisine" par un Allemand et qui a en effet attiré une vache à nos côtés!

Le retour vers le minibus s'est fait plus rapidement, mais le retour vers Huaraz a été des plus pénibles probablement parce que tout le monde était crevé et que le chemin de terre sinueux ne nous a pas permis de relaxer une seule seconde...! Éreintés, on a soupé au son (beaucoup trop fort) de Combate (sérieusement, je pense pas qu'on ait eu 3 soupers sans avoir à endurer cette émission désagréable) puis on a dormi.

La nuit a été réparatrice, mais pas assez pour qu'on arrive à se lever à l'heure prévue. Notre plan était d'aller faire un tour des petits villages de la vallée, en sautant dans les minibus publics qui se rendent jusqu'au dernier village. Par contre, à l'arrêt de bus, on était un peu fâchés que le prix qu'on nous propose pour faire le 1/6 du trajet soit plus que la moitié du prix total... Parfois notre logique d'Occidentaux n'arrive pas à comprendre! Finalement, quelqu'un nous a bien voulu nous expliquer: "il n'y a pas de logique avec le kilométrage, c'est un prix arbitraire décidé par la compagnie". On a donc filé vers Marcara, d'où on a pris un taxi collectif (à 9 dans la petite auto) vers les bains thermaux de Chancos. Vous l'aurez compris, un bon côté des pays volcaniques est leur possibilité d'avoir des spas naturels un peu partout! Les bains de Chancos ont tout de même une particularité: on peut prendre un sauna de vapeur à l'intérieur de grottes! La salle est composée de plein de portes, qui mènent à de petites cavernes creusées dans la montagne, d'où s'échappe la vapeur brûlante. Si on fait fi de l'odeur de bécosse (ça doit être plein de souffre cette eau-là!), c'est bien agréable et relaxant On était bien satisfaits mais le couple de Péruviens avant nous trouvait qu'on en n'avait pas assez profité: "quoi? vous sortez déjà?" alors qu'on était là depuis 20 minutes et que c'est écrit partout "maximum 15 minutes)! Comme les bains étaient plus glauques et moins spéciaux que les spas dans les grottes, on a décidé de ne pas y aller puis on a fait un pique-nique sur le bord de la rivière voisine. Ça a l'air bien bucolique dit comme ça, mais bon la rivière est pleine de déchets parce que tsé, quand tu jettes quelque chose par la fenêtre d'une auto ou dans une rivière, vu que tu ne le vois plus c'est qu'il a disparu, non?

Notre périple s'est poursuivi a Carhuaz, un petit village avec, paraît-il, une des plus belles places centrales du Pérou. En effet, c'était très joli, tout plein de fleurs! Il y avait aussi une grande cathédrale, une réplique de celle qu'il y avait là avant un terrible tremblement de terre dans les années 70. De là, on pouvait bien admirer le paysage: la "cordillère blanche" (la chaîne de montagne avec les sommets enneigés) d'un côté, et la "cordillère noire" (chaîne de montagnes sans neige) de l'autre, ce qui fait qu'on a vraiment l'impression d'être entre deux murs géants! Comme souvent, nos arrêts dans les places centrales se finissent par une conversation avec des locaux. Cette fois c'était un Péruvien de Lima en vacances dans la région. Il était vraiment gentil et on a parlé pendant un bon moment avec lui!

Après, on a fait un arrêt obligé (mais très agréable!) dans une crèmerie pour goûter la spécialité locale, des sorbets faits  partir de fruits et de glace d'un glacier de la région.  On a visité le clocher de l'église puis on s'est rendus vers Campo Santo, qui est en fait l'ancienne location du village de Yungay.  Je vous raconte l'histoire: il y a eu un énorme tremblement de terre dans les années 70, qui a déclenché une avalanche dans une montagne la plus haute du coin (plus de 6000mètres). Malheureusement, le village de Yungay a eu la malchance d'être situé directement sur la trajectoire de l'avalanche... En 3 minutes, le village de 20 000 habitants a été enseveli de roches et de glace... Le site est maintenant considéré comme "cimetière national" et certains monuments y ont été érigés en mémoire des habitants, comme une réplique de la façade de l'ancienne église. On y trouve aussi une carcasse d'autobus qui prouve la force de l'impact (300 km/h). Bref, on marche 18m au-dessus des restes d'un village et de presque tous ses habitants... En visitant l'ancien cimetière (situé sur une colline, ce qui a permis à certains habitants de s'y réfugier et survivre), on a rencontré un touriste du tour de la veille, un photographe professionnel qui souhaite promouvoir la région, et qui a tenu à nous prendre en photo pour qu'on soit sur son site internet. Décidément, on va avoir été vus au Pérou...!

Notre prochaine destination (et la dernière) fut Caraz. Il faisait déjà presque nuit alors on a visité la place centrale puis on est allés souper. Presque immédiatement après notre départ de la gare, le minibus s'est arrêté devant un garçon couché par terre à côté de son vélo, avec une flaque de sang à côté de sa tête... On a appelé l'ambulance, puis on a fini par savoir que c'était un "hit and run"... C'était assez troublant... Ça m'a aussi déclenché une crise existentielle à savoir si un jour j'allais être assez compétente pour savoir comment réagir dans ce genre de situation... Après ça, mis à part un monsieur vraiment saoul qui est entré dans l'autobus et une fille qui souhaitait faire profiter à tout l'autobus de sa musique tonitruante sur son cellulaire, le reste du trajet s'est fait sans mal.

À Huaraz, on a pris nos bagages puis on s'est rendus en taxi (he non, il n'y a pas d'autobus de ville à Huaraz) vers le terminal privé de notre compagnie de bus. Comme plusieurs fois dans ce voyage, on est tombés sur un chauffeur loquace et bien sympa! Une fois dans notre autobus vers Trujillo, on a fait connaissance avec deux Français qui étaient vraiment désagréables... On n'arrive pas à comprendre pourquoi les touristes qu'on aime les moins sont souvent Français... Pas tous bien sûr, il y en a qu'on trouve vraiment gentils! Mais on dirait que les Français qu'on rencontre ont souvent la propension à juger la façon de voyager des autres et à vouloir montrer à quel point eux ce qu'ils font est mieux que tout le monde. Par exemple, on a eu droit à des commentaires du genre "quoi? vous êtes restés à telle place seulement 3 jours!" ou "vous voulez allez dans telle ville? moi je trouvais que ça ne valait pas la peine" ou "cette compagnie de bus est la plus horrible, il faut prendre Cruz del Sur la prochaine fois! (alors que c'était vraiment très correct)" ou "à date nous chacun de nos repas nous coûte maximum 3 sols, je vois pas comment c'est possible de paye plus" ou "ah, ça vous coûte 9$ la nuit? Nous c'est seulement 8."... Pour nous, peu importe où la personne veut aller, où elle est allée et combien de temps elle y a passé, on ne va pas juger et lui dire qu'elle a fait une grave erreur parce que nous, mon Dieu qu'on est bons et qu'on sait comment voyager. Ça arrive que quelqu'un se vante que telle chose lui a coûté tant, on lui dira pas que nous ça a coûté moins cher juste pour lui montrer à quel point on est bons. Bref, c'est une attitude qu'on n'aime pas et qui arrive presque seulement avec les Français... Mais bon, on a revu lesdits Français et je crois qu'ils étaient moins stressés et plus reposés parce que ça a été beaucoup plus agréable cette fois!

L'autobus nous a projeté un film de gangsters américain doublé en espagnol, ce qui donnait un résultat plutôt moche, les "man" devenant des "amigo", les "fuck" des "maldicion" et les "motherfucker" des "maldito"... Disons qu'un truand qui crie "malédiction, ami" ça fait moins peur...1

On vous laisse ici, à Trujillo!